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Article: Ne me dis pas que la souffrance est une illusion!

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Ne me dis pas que la souffrance n’est qu’une illusion !

L’échelle de la conscience selon Un cours en miracles

Cette phrase est le début d’un échange entre Bernard Groom et un ami du Cours, qui cherchait comment surmonter l’intense souffrance qu’il ressentait face à la maladie de sa mère. Avec sa permission, nous diffusons ce que nous lui avons écrit pour l’aider à comprendre sa souffrance grâce au point de vue du Cours. En effet, nous trouvons que cet échange montre bien avec quelle pédagogie et quelle tendresse le Cours nous fait gravir les barreaux d’une sorte d’échelle de la conscience, depuis notre expérience brute jusqu’à l’ouverture d’une dimension de sécurité et de paix en nous, au-delà de ce monde.

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Bonjour Fred,

Tu m’as posé cette question :
Le monde, le corps, la matière…sont neutres!!! Ils servent soit l’ego (l’esprit faux), soit l’Esprit Saint (l’esprit juste). Ce que le cours appelle « illusion » signifie « mal-perception » de l’ego. Question: la douleur physique du corps, est-ce une illusion? Je ne peux pas l’accepter ou le croire. S’en convaincre serait entrer dans une forme de déni. La souffrance de ma mère (dans son lit d’hôpital) est difficilement supportable et me renvoie à mon incapacité à l’aider. Cette impuissance face à la douleur de l’autre, comment le Cours l’appréhende-t-il?
Merci pour cet éclairage.

Tes questions sont très justes et peuvent donner lieu, si tu le veux, à un travail profond. Tu mets le doigt sur quelque chose qui pourrait sembler être une sorte d’incohérence ou une impossibilité dans la logique du Cours (et dans d’autres spiritualités aussi, d’ailleurs): Comment comprendre la douleur physique dans un monde censé être une illusion? Comme tu le dis, il faut se méfier d’une forme de déni, cruel, et manquant gravement de compassion, dans lequel on peut facilement tomber. On tombera dans ce genre de déni pour éviter de faire face à la douleur devant nous, terrifié par ce qu’on voit et par les pensées que ça suscite en nous.

Il ne faut certainement pas essayer de se convaincre que la douleur n’existe pas.
Je crois qu’une solution à ce problème doit s’exprimer avec des niveaux de réponses. Un niveau pour notre première expérience de la souffrance d’une autre personne, puis une autre réponse après un certain temps, puis encore une autre réponse à la fin. Et le Cours nous donne ces différents niveaux de réponse. Tu en as cité une : « Ce n’est qu’une illusion, une « mal-perception » de l’ego etc. » Je crois que c’est une réponse qui vient plus tard, après un travail préalable. On ne peut pas intégrer ce genre d’idée face à quelqu’un qui souffre. C’est impossible. Mais en utilisant la métaphore d’une échelle, on pourrait trouver le moyen de comprendre la douleur et transformer notre désarroi en compassion puis en paix.

En passant, je voudrais dire qu’il faut se méfier de penser que le Cours n’a qu’une seule réponse à ce genre de drame, quand il semble dire que la douleur n’est qu’une illusion (ce qu’il ne dit pas vraiment). Sinon on risque de ressentir de la frustration et de la colère envers le Cours et son auteur. On pourrait ensuite l’accuser de ne rien comprendre du monde ici et, par extension, penser que son cours ne marchera jamais.

L’ECHELLE

Au début :
Je vois quelqu’un dans une très grande douleur physique.
Tout d’abord, on fait tout ce qu’on peut pour la personne sur le plan matériel et physique pour soulager ses douleurs.
Puis on se met à s’aider soi-même à gérer ses émotions, ses pensées et ses réactions.
Je ressens l’extrême douleur de la personne, je ressens la mienne et mon sentiment d’impuissance.
Je pourrais aussi ressentir de la culpabilité et de la colère, envers la maladie, envers la personne souffrante, envers moi-même pour mon incapacité à l’aider. Envers Dieu pour avoir permis de telles horreurs. Je pourrais ressentir une très grande tristesse, et même de la dépression.
Il faut se laisser ressentir toutes ces choses, c’est très important. Ce n’est pas le moment d’essayer « d’être spirituel ». Ni de faire sa propre psychothérapie.
Il faut juste vivre la situation normalement, comme une personne normale. Il n’y a absolument rien de mal à éprouver de telles émotions et à avoir de telles pensées. On nous apprend dans notre enfance que la colère est mauvaise, on nous invite à la réfréner, sous peine de subir la désapprobation de nos parents. On nous apprend que les émotions fortes sont à proscrire. Mais il y a des situations dans la vie où on doit juste se laisser aller, se laisser être traversé par ces expériences qui, de toute façon, sont parfois incontrôlables.

Puis petit à petit, on commence à observer, simplement observer ses émotions et ses réactions. On ressent leur intensité, leur « couleur », leur ressenti, ce qu’elles font dans son corps. On prend conscience pleinement de l’expérience de ces réactions. On observe et on ne juge pas. On accueille, on accepte que ces émotions soient là en nous, que de toute façon, on n’a pas le choix, elles sont là. On ne peut faire que les accepter avec bienveillance, sans les contredire, sans les juger, sans les exclure, sans vouloir qu’elles ne soient pas là, sans chercher à les chasser ou à les justifier ou à les expliquer. Juste être présent à ses réactions, ses pensées et ses émotions.

Cette étape nous aidera à commencer à nous placer dans une autre partie de notre esprit, un endroit plus calme, plus retirée de l’urgence de la situation.
Dans cet endroit d’observation bienveillante, je peux commencer à m’accompagner dans cette situation difficile.

C’est un moment-clé dans la vie de cette personne, et dans la mienne aussi. C’est un moment très important.

Je suis face à mes peurs et à mon sentiment d’impuissance. Je pense à la vie, à la mort, à Dieu, à l’injustice, à l’amour, à l’abandon. A plein de choses auxquelles je ne pense pas normalement.

Je découvre soudain plein d’émotions que je ne pensais pas avoir, avec une telle intensité d’expérience dont je n’ai pas l’habitude. Je ne me reconnais plus ou je commence à me comprendre autrement, d’une manière nouvelle.

En me permettant de ressentir l’extrême douleur émotionnelle de la situation, à un moment, je peux ressentir le besoin de trouver une autre solution, une sortie de cette impasse. Car si je continue avec ces émotions, même en les observant avec bienveillance, je serai vidé, épuisé, desséché par l’expérience. Je ne pourrai plus continuer. Il va venir un moment, même en prenant du recul et en observant, où je vais devoir chercher une autre solution. Je vais vouloir trouver un soulagement plus durable, plus fiable et plus solide à cette douleur. Une vraie explication de la situation, qui va m’aider à y trouver un sens utile et profondément thérapeutique.

Une telle explication existe. Mais pour l’entendre, il faut être préparé. Il faut vouloir cette explication. Et il ne faut pas la vouloir simplement pour ne pas faire face à ses émotions, pour arrêter la douleur. Il faut d’abord accepter, accueillir, regarder et accompagner son expérience avec la douleur, la tristesse et la colère. Sinon ça ne marchera pas.

Puis on peut commencer à entendre un autre message:
La souffrance physique n’est pas entièrement ce qu’elle paraît.

La souffrance physique semble être une horreur venue d’ailleurs, imposée sur nous par une volonté extérieure et maléfique ou par une réalité impitoyable et insane. Par une existence débile et cruelle.
Ce n’est pas toute l’histoire. Il y a une autre explication de la souffrance, mais tout d’abord, quelques remarques sur l’expérience de la douleur.

Tu sais qu’un très grand nombre de personnes souffrent tous les jours de maladies graves. Mais toutes ces personnes ne vivent pas leur douleur de la même façon. Il y a des gens qui la vivent très mal. Ils ressentent la douleur d’une façon extrêmement aiguë. Chez eux, on trouve souvent une réflexion psychique sur la douleur: ceci est en train d’arriver à « moi ». « Je » suis en douleur. C’est « ma » douleur. Ils la vivent d’une façon très personnelle et intime. Elle est au centre de leur expérience, la préoccupation majeure de leur existence. La douleur peut être vécue de cette façon très personnelle et intériorisée. Mais ce n’est pas la seule façon d’éprouver la douleur.

D’autres personnes la vivent différemment, avec plus de recul et de détachement. La douleur est présente, mais ce n’est pas « leur » douleur. C’est juste « la » douleur. Ils la vivent avec plus d’équanimité, avec une intensité plus relative. Avec une sorte de stoïcisme, on pourrait dire. C’est ce qui arrive dans la vie, ils sont capables de dire. C’est grave, mais pas si grave non plus, on peut les entendre dire aussi. C’est la vie… elle est comme ça, et ce n’est pas si mauvais.

Ces gens là peuvent vivent leur douleur avec compassion et bienveillance, avec acceptation et douceur, et une vraie qualité d’adaptation à leur nouvelle condition. Il y a des choses qu’ils ne peuvent plus faire. C’est comme ça. Cela ne les empêche pas de continuer à trouver un peu de joie et de bonheur dans la vie. Ce genre de personne existe réellement et ils ne sont pas si rares que ça. Ils sont une inspiration et nous remplissent d’émerveillement. Ils peuvent même avoir une pensée de compassion pour nous qui les regardons souffrir avec impuissance, avec toute notre colère et notre culpabilité. Nous pouvons nous sentir bien dans leur présence, apaisés, nourris, malgré leur condition très grave.

Enfin, une autre explication pour la souffrance.
Le monde ici n’est pas ce qu’il semble. Les êtres viennent sur terre pour avoir une expérience de séparation d’avec leur identité réelle, qui, elle, demeure dans une unité d’esprit parfaite, immatérielle et intemporelle.

Le fait de venir ici sur terre est donc une façon d’accepter un champ d’expérience séparé de l’unité, séparé aussi d’un bien-être parfait où la douleur est impossible et inconnue.

Le fait de venir ici est donc une façon d’accepter d’avoir des expériences de mal-être et de souffrance. La souffrance est inévitable sur terre.
Plus encore, la souffrance est le moyen par lequel nous faisons perdurer notre expérience de séparation individuelle d’avec l’Unité.

Nous pouvons insister sur la souffrance, la gardant proche de notre conscience, pour pouvoir augmenter l’expérience d’individualité et de séparation.

La souffrance devient ainsi un moyen par lequel nous avons l’impression de « vivre ». « Je » suis souffrant. « J’ai » très mal. C’est « ma » douleur. Cette façon très personnelle et intime d’éprouver la souffrance est le signe d’une dépendance à la souffrance pour exister en tant qu’un être séparé. « Tu ne peux pas enlever ma souffrance, je ne te laisserai pas faire. » « Ne me dis pas que ma souffrance n’est pas si grave! » pouvons-nous imaginer répondre à ceux qui veulent nous aider à prendre du recul.
On retrouve cette dynamique d’esprit partout sur terre. C’est tout à fait normal. Nous ne quittons pas l’Unité parfaite pour venir sur terre pour que tout se passe merveilleusement bien. Si nous voulions une paix inébranlable et un bonheur inépuisable, nous resterions dans l’Unité!
La douleur et la souffrance sur terre sont inévitables. La question est : comment allons-nous les vivre ?
Nous pouvons les vivre en insistant sur le côté très personnel de notre expérience, ce qui va beaucoup augmenter l’intensité de la douleur. C’est exactement ce qui font beaucoup de gens – parce que c’est pour cette raison qu’ils ont décidé de venir sur terre.
Ou ils peuvent se servir de la douleur pour faire un travail intérieur et apprendre qu’ils n’ont plus besoin de souffrir. La douleur peut être présente, mais ils ne sont pas obligés de la vivre aussi mal. Ils peuvent la vivre plus sereinement avec plus de détachement.
Le fait est que beaucoup de gens ne font pas ce choix. Ils ont besoin dans cette vie de s’identifier avec la douleur et même de l’accentuer pour pleinement vivre l’expérience de la séparation. C’est seulement après l’avoir vécue d’une façon extrêmement intense qu’ils pourraient peut-être être motivés pour faire le choix de vivre leur douleur autrement.

A l’instant que nous commençons à nous poser des questions importantes sur notre douleur et sur notre façon de la vivre, nous pouvons commencer à entrevoir la possibilité que la douleur et la souffrance ne soient pas tout ce que nous avons toujours pensé. Notre esprit s’ouvre et une autre idée peut naître: rien n’est en train de se passer comme nous le pensions.

Le haut de l’échelle
En effet, en haut de l’échelle, nous pouvons commencer à ressentir la présence d’une autre vérité: la paix est toujours présente.
Malgré notre douleur, parfois très intense, la paix est toujours là. Et dans cette paix, il y a aussi sérénité, bien-être et bonheur. Il y a même de la joie.
Nous avons la capacité de prendre une telle distance psychologique avec notre condition physique et avec notre douleur que nous pouvons commencer à ressentir la présence d’autre chose, une autre dimension de la réalité où rien n’est en train de souffrir. Ou la douleur et la souffrance ne sont plus présentes.
Ceci n’est pas le déni mais l’ouverture de l’esprit à une autre dimension de la réalité.
La douleur est bien réelle et présente dans le petit esprit. Mais dans le grand Esprit, il y a autre chose.
La paix est là.

C’est seulement à ce niveau-là que nous pouvons commencer non pas à comprendre mentalement (ce qui est impossible) mais à ressentir cette magnifique promesse que le monde de la souffrance n’est qu’une illusion. Qu’il n’est pas réel.

La souffrance est bien réelle ici, il ne faut pas le nier. Mais elle n’est pas réelle là-bas, dans notre Grand Esprit. C’est seulement quand on s’ouvre entièrement à notre grand Esprit que nous pouvons voir l’inconsistance de la douleur sur terre. Mais pas avant.

Trois petites choses que j’ai envie d’ajouter…
Tu peux bien imaginer que tout le monde ne veut pas accepter cette vision de la souffrance. La raison est due à notre investissement dans la souffrance, qui sert un rôle encore extrêmement important pour nous tous. Sans la souffrance, ce monde disparaît en importance. Puisque je pense toujours faire partie de ce monde et ne me suis pas encore réveillé à une autre possibilité, je ne veux pas disparaître (avec ma perception du monde) et je vais donc insister sur la réalité et l’importance de la souffrance. « Tu ne peux pas dire que la souffrance n’est pas réelle et n’est qu’une illusion! » Cette personne a tout à fait raison. La souffrance est bien réelle… dans ce monde. Mais ce monde n’est pas tout ce qu’il y a. La difficulté est que, dans l’autre monde, le soi personnel n’existe pas.

Nous ne pouvons pas nous imposer ces idées. Nous pouvons seulement y réfléchir et prendre notre temps pour les considérer. Parfois elles vont nous sembler complètement loufoques, même le signe d’une grande instabilité mentale. Mais petit à petit, à force de prendre conscience de l’intensité de notre propre souffrance, nous pouvons chercher une autre réponse. Petit à petit, nous gagnerons en confiance que nous n’allons pas disparaître en ouvrant notre esprit à d’autres réalités. Notre vie va simplement devenir plus grande et perdre les limites que nous lui avons imposées.

Autre chose…
La personne souffrante dans ton entourage est en l’occurrence ta maman. Si nous sommes déstabilisés par la douleur des personnes malades en général, cela est encore plus bouleversant quand c’est une proche, voire un parent ou un enfant, qui est concerné.

Nous nous servons de la douleur pour nous enraciner et nous identifier avec le monde de la séparation, comme nous l’avons dit. Mais nous nous servons aussi de nos relations dans ce but. Une fois séparé de notre Source, nous avons besoin d’autres personnes pour nous aider à pallier le manque que nous ressentons. Quand ces personnes particulières tombent malades, nous sommes puissamment affectés par leur souffrance mais aussi par le spectre de leur disparition. Nous sommes frappés par deux niveaux de peur: la peur de la douleur de la personne, et la peur de la perdre. Il ne faut pas sous-estimer l’intensité de ces expériences qui nous touchent en plein cœur de notre croyance d’être ces individus qui existent séparés d’une dimension plus grande de la vie.

Et enfin…
Une tentation, en face de quelqu’un qui souffre, est d’essayer d’imaginer leur douleur. De ressentir leur douleur comme si c’était la nôtre. S’il y a un aspect de compassion ici, ceci peut aussi entraîner une projection de notre propre peur de la douleur sur la personne malade. C’est-à-dire que je n’ai pas vraiment peur de leur souffrance mais de la mienne, si jamais je me trouvais dans la même situation.

Nous ne pouvons pas savoir ce que c’est la capacité de la personne souffrante de gérer sa situation. Le risque est alors que nous leur imprimions nos limites sur eux. Ils ont peut-être plus de ressources que nous le pensons. Peut-être qu’ils peuvent même trouver le moyen de prendre du recul face à leur douleur et de la vivre plus confortablement. Nous avons tous des ressources insoupçonnées pour vivre nos drames d’une façon plus sereine. Notre accès à la force intérieure, à une résilience naturelle basée sur un amour qui nous aime et sur une paix présente, nous garantit la possibilité de bien vivre les situations les plus dramatiques de ce monde. Le fait d’être conscient de notre peur que ce ne soit pas le cas va nous aider à éviter de trop projeter notre propre travail intérieur sur l’autre personne, et cela permettra de la libérer pour qu’elle puisse trouver sa propre force intérieure.

La solution
Se laisser le temps, être bienveillant avec soi-même, s’accompagner avec patience, prendre du recul, se laisser traverser par les vagues d’émotions fortes quand elles arrivent.
S’offrir des moments de répit où on se divertit, on fait autre chose, on bulle, on plane, on oublie, on regarde un film drôle, on lit un livre divertissant (pas trop sérieux).
Puis on réfléchit, on écrit, on parle de notre expérience avec une personne de confiance, de préférence qui n’offrira pas trop de conseils. 🙂

Bernard

Image: Calvin and Hobbes de l’auteur Bill Waterson

 

Cette entrée a été publiée le février 23, 2020. 1 commentaire

Avent: Comment se préparer pour accueillir l’Unité du Christ?

L’Avent: se préparer pour accueillir l’Unité du Christ selon Un cours en miracles

En ce temps  de l’Avent, selon la tradition chrétienne, nous nous préparons à la naissance de Jésus. A une époque plus ancienne, c’était un temps de pénitence, de jeûne et de sobriété. Plus récemment, l’Eglise a insisté sur les notions d’attente joyeuse et d’espérance qui caractérisent ce moment de l’année pour les croyants. Mais le mois précédant Noël se résume bien souvent à des préparatifs de fêtes de fin d’année, des projets de repas ou de vacances et des achats de cadeaux. Comment retrouver  la signification de cette tradition millénaire afin de la vivre de manière authentique ?

Le livre  Un cours en miracles enseigne une philosophie hautement spirituelle, qui utilise la terminologie chrétienne et réinterprète les symboles du christianisme pour délivrer un message d’amour, de pardon et d’unité. A la lumière de ce livre, l’Avent prend une signification particulière puisque, selon cette philosophie, nous sommes tous collectivement cet esprit du Christ, Jésus n’étant pas, pour Un cours en miracles, le seul être à incarner le Christ mais seulement un homme qui s’est souvenu de cette vérité présente en nous tous. Noël symbolise donc la naissance de cet esprit exceptionnel dans le cœur de chacun.

Selon Un cours en miracles, l’humanité dans son ensemble est issue d’un seul et unique Esprit, le Christ, où siègent l’Amour et la Paix de Dieu. Mais maintenant, un voile d’oubli cache cette vérité à la conscience de l’homme. Dans les ténèbres, loin de la lumière de notre Réalité, chacun se sent séparé et différent des autres, apeuré et méfiant, et cherche à se défendre et à satisfaire ses besoins, même aux dépens d’autrui. Pourtant, le souhait le plus cher de chacun, sans qu’il le sache, est de se souvenir de sa Réalité majestueuse, le Christ, ce qui restaurera dans son esprit la totalité de l’amour et de la joie du Ciel.

La naissance symbolique qui a lieu à la fin du mois de décembre concerne donc toute personne qui suit un chemin spirituel. Nous pouvons nous préparer à cet événement en nous rappelant l’importance du Christ pour nous. Cette Unité à laquelle nous appartenons tous nous appelle à nous souvenir de notre Réalité parfaite, où chacun est relié à tous les autres dans l’Amour. Pour cela, nous pouvons nous entraîner, pendant ce mois de décembre, à observer avec vigilance  chaque pensée qui réfute l’intégrité de cette unité. Chaque pensée de jugement ou de critique, de petitesse ou de privation et même chaque pensée de blessure et de souffrance, a pour effet de nous séparer des autres, de nous priver de l’Esprit du Christ et de nous enchaîner davantage aux expériences malheureuses.

Malgré les événements tragiques et les conditions déplorables de ce monde, il existe pourtant une partie de notre conscience qui ne souffre pas. Elle se trouve au-delà de nos pensées et de notre vécu ordinaire, dans une partie reculée de notre esprit, mais néanmoins toujours accessible. Le fait d’insister sur nos malheurs, notre insatisfaction, nos blessures et nos contrariétés occulte cette dimension de notre conscience, alors qu’elle recèle justement tout ce que nous cherchons véritablement. La paix et la joie du Ciel nous accueillent dans le silence de notre esprit, quand il se calme et se tourne vers l’intérieur. Nous y retrouvons, enfin, la quiétude du Christ.

Pour nous aider, Un cours en miracles nous rappelle que nous sommes accompagnés. Le Saint-Esprit, cette présence de paix qui demeure toujours en nous, attend simplement que nous Lui apportions toutes nos blessures et toute notre souffrance. Dans cet endroit intérieur de paix, nous entendrons également la voix de Jésus, celle qui a dicté Un cours en miracles à son scribe, Helen Schucman pour livrer ce message de paix au monde. Dans ce voyage de retour à notre véritable Identité, nous sommes puissamment entourés et n’avons qu’à tourner notre attention vers ces Présences sublimes pour trouver la force et la confiance d’affronter l’obscurité présente en nous.

Durant les quelques jours qui nous séparent de Noël, pensons à demander à nos grands Compagnons qu’Ils nous aident à rester vigilants, à remplacer toute pensée de ressentiment, de colère, de peur et de souffrance par le souvenir de notre Réalité resplendissante. L’Esprit d’Unité du Christ est notre véritable Identité, partagée par tous les êtres sur terre. La signification de Noël est le rappel de cette sainteté et de cette perfection, au-delà de toutes nos erreurs et de tous nos oublis. Jésus n’est pas venu pour exalter sa propre gloire mais pour nous rappeler la nôtre. Ressentons sa présence, en nous souvenant de cette perfection en nous et en la voyant dans les yeux de chacun.

« En ce Noël, donne au Saint-Esprit tout ce qui te blesse. Laisse-toi être complètement guéri afin que tu puisses te joindre à Lui dans la guérison, et célébrons notre délivrance ensemble en délivrant chacun avec nous. Ne laisse rien derrière, car la délivrance est totale, et quand tu l’auras acceptée avec moi, tu la donneras avec moi. Toute douleur, tout sacrifice et toute petitesse disparaîtront dans notre relation, qui est aussi innocente que notre relation avec notre Père, et aussi puissante. La douleur nous sera portée et disparaîtra en notre présence, et sans douleur il ne peut y avoir de sacrifice. Et sans sacrifice il doit y avoir l’amour. » 

Extrait d’Un cours en miracles T-15.XI.3:1-6

Article écrit par Bernard Groom

Ai-je le droit de « secouer le cocotier » de quelqu’un?

(Vous pouvez laisser un commentaire en bas de cet article, si vous le souhaitez)

Secouer son cocotier, oui ou non, that is the question!

Réflexions sur la pratique de la bienveillance dans les relations

Bonjour,

J’ai une toute petite question à te poser. Il m’arrive parfois de penser que j’ai envie de secouer le cocotier (au sens figuré rassure-toi) de certaines personnes proches. Je me dis que tout ça n’est pas très bienveillant….que cela manque de compassion. Puis, je me ravise et me demande : »et si, justement, il serait bienveillant d’agir de la sorte car ceci pourrait être bénéfique pour la personne ? » Que penser de cela ? Merci à toi.

Bonjour Giovanna,

Alors, pour ces personnes-cocotiers! 🙂 Vous vous êtes rencontrés pour une raison! Pour toi, c’est pour apprendre que « la colère/frustration/

contrariété/impatience n’est jamais justifiée » (extrait d’Un cours en miracles). Que chaque fois que quelqu’un m’énerve, il y a toujours, toujours, toujours une pensée de séparation qui rode quelque part dans mon esprit, et c’est alors nettement, nettement plus facile de m’énerver après cette personne que de remettre en question l’ensemble de mon expérience. QUI est énervé? Qui est cette personne? Il n’y a que mon petit soi qui peut s’énerver. Et ce petit soi existe uniquement pour me faire oublier mon grand Soi.

Mon petit soi est TOUJOURS énervé. Parfois il dit que c’est à cause des autres, parfois à cause de moi-même. Mais il est toujours dérangé. Point. Mon grand Soi n’est jamais contrarié. Qui pourrait le déranger? Il comprend la bêtise de tout le monde et ne la juge pas. Il comprend que tout le monde souffre, tout le monde est assassin, tout le monde est égoïste, et il n’attend rien de personne, surtout pas un comportement stable et censé.

Mais si je m’énerve, ceci n’est pas un problème. Ce n’est pas un crime ou un péché. Mais un signe clair que je suis dans l’erreur. C’est une opportunité pour moi de retrouver Ce qui est censé et stable dans la vie, la vraie Vie.

Cela dit, ça ne veut pas dire que m’énerver après une personne ne peut pas être une bonne chose pour l’autre. Tout comme je me sers du comportement égoïste d’une autre personne pour m’approcher de la Vérité, l’autre personne peut faire pareil avec mon énervement. Cela peut lui servir positivement. Il peut voir ça comme une opportunité de se mettre en question. Donc Il y a du juste dans ce que tu as dit. Seulement, il faut s’énerver contre l’autre de la « bonne façon » et pour la « bonne raison ». C’est à dire, en toute connaissance de ce qu’on est en train de faire. Parfois nous sommes obligés de « prétendre » de nous énerver pour percer l’inconscience et l’égoïsme de l’autre, des couches qui sont parfois imperméables à tout argument calme et raisonné.

Kenneth Wapnick notamment était obligé de prétendre d’être énervé après des ouvriers qui glandaient sur le chantier chez lui. « Will you get up and move your asses! » il paraît qu’il leur a dit. « Levez vous et bougez vos culs! » 🙂

Mais au fond de lui il était calme. Il n’était pas contrarié par leur paresse et leur manque de respect envers le client. C’était simplement la façon juste de les empêcher de continuer à rester dans leur esprit faux. Ce n’est pas rendre un service à quelqu’un, Kenneth nous l’a rappelé à plusieurs reprises, de le laisser continuer avec un comportement motivé par son esprit faux. Comme pour un petit enfant qui veut absolument traverser une route tout seul ou jouer avec un couteau, il faut trouver un moyen de l’empêcher de le faire, de percer son caprice, même si le moyen doit être ferme.

Comme avec tout, on essaie de prendre conscience de l’état de notre esprit et de l’origine, la véritable origine de nos sentiments, en gardant le schéma de la séparation en tête. Donc, il y a une réponse OUI à ta question, et une réponse NON, selon l’esprit dans lequel on est quand on secoue son cocotier! Et si jamais on réagit mal, on peut toujours reconnaître son erreur, la regretter, trouver le pardon pour soi, et recommencer.

Autre petite anecdote… parfois on doit laisser quelqu’un dans son « jus » d’esprit faux. Il ne faut pas y toucher. Kenneth avait appris cela – à ses dépens! – avec Helen Schucman. Il a voulu, un jour, l’aider avec un problème qu’elle ressassait, sans fin. Il lui a dit d’essayer de trouver la paix avec cette personne comme elle l’avait fait dans une autre situation, en pratiquant une sorte de visualisation qui avait bien marché avec cette autre personne. Le jour d’après, en arrivant chez Helen, Ken était fusillé par son regard noir. « Ne me fait plus jamais ça! » Il paraît qu’après cette méditation qu’elle avait faite, elle s’était réveillée dans la nuit avec une colère totalement débridée et n’avait pas refermé l’œil de la nuit. Il avait bien appris sa leçon et n’avait plus jamais essayé de l’aider ou de la corriger de cette façon. 🙂

Merci pour ta question !

Bernard

Question reçue sur les réseaux sociaux :

« En quoi cela est-il mauvais de secouer le cocotier ? Cela peut être fait avec douceur et bienveillance ….c’est aussi être thérapeute, non ? »

 Bonjour, 

J’espère ne pas avoir communiqué qu’il est mauvais de « secouer le cocotier », mais que tout dépend de la façon dont nous le faisons. Si nous ressentons de l’irritation qui nous donne envie de le faire, alors nous ferions mieux, en premier lieu, de régler notre erreur de sensibilité. Si nous ressentons une envie ou un besoin de secouer quelqu’un, idem, il vaut mieux que je regarde en moi pour voir pourquoi je pense que je dois être le thérapeute pour quelqu’un.

Si je ressens que secouer quelqu’un doucement et gentiment, pour son bien, vient d’un esprit de bienveillance et même de compassion, alors cela peut être tout à fait juste et bien. Mais je dois d’abord faire le tour de mon esprit pour connaître ma véritable motivation : décharger ma frustration ou être une véritable présence de bienveillance pour quelqu’un.

 

Un psychiatre peu ordinaire

(Vous pouvez laisser un commentaire en bas de cet article, si vous le souhaitez)

Interview avec Serge Tribolet
sur la nature de la pensée

Nous présentons cet article pour tous ceux qui s’intéressent à la nature de l’esprit et la pensée. Serge Tribolet était psychiatre aux hôpitaux de Paris et soutenait l’idée (pas très populaire!) que l’esprit et la pensée n’étaient pas localisées dans le cerveau, une idée clé de la vision métaphysique d’Un cours en miracles. Vous pouvez ajouter un commentaire en bas de cet article, si vous le souhaitez.

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Cher Kenneth, comment veux tu que nous voyons le monde comme un théâtre?

Bonjour,

Nous avons regardé Kenneth dans sa vidéo YouTube « Le monde entier est un théâtre » (cliquer pour visionner, n’oubliez pas d’activer les sous-titres en français) et nous avons essayé d’imaginer la réaction que vous avez pu avoir en la regardant. Si vous êtes comme nous, vous n’avez pas pu ne pas être étonnés en écoutant ses paroles.

C’est ce qui se produit chaque fois que nous écoutons Kenneth enseigner. Sa manière particulière de présenter son enseignement sur le Cours est directe, tranchante, mais toujours dans la douceur et la bonne humeur.  Les idées qu’il nous propose coulent d’une façon si naturelle que nous pouvons nous laisser emporter par les mots sans vraiment saisir le message radical qu’ils cherchent à communiquer.

Nous avons donc écrit l’article ci-dessous pour relever certains aspects de cette vidéo qui pourraient passer inaperçus, et glisser dans l’oubli sans avoir délivré la puissance de leur contenu.

Bonne lecture!

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Très cher Ken,

J’ai beaucoup aimé tout ce que tu as dit dans ta vidéo « Le monde entier est un théâtre ». Mais autant  j’apprécie les idées, autant je trouve que « me voir sur l’estrade en train de jouer l’acteur de moi » ne sera pas du tout un exercice évident. Loin de là !

Tu partages toutes tes idées d’une façon si habile et si tranquille qu’on peut facilement croire que ce travail sera fastoche. Mais j’ai quand même des doutes. 

Je résume ce que tu m’as dit:

* De me regarder faire quand je suis dans l’activité et de comprendre que le « moi » qui regarde ne peut pas être le « moi » qui est en train de faire. Je m’observe et je ne juge pas, c’est bien ça?

* De regarder la « dévastation » (mot un peu fort, non?) de ma vie, en pensant à toutes les choses que je n’aime pas dans ma vie ou dans celle d’autres personnes. Selon le Cours, tout ceci est faux, ce n’est pas réel, même si ça semble très réel. Ouf! Comme tu as dit ailleurs, ce n’est pas réel parce que le Ciel est la seule Réalité.

* De rester « normal », de ne pas chercher à changer les choses extérieures dans le but d’être plus spirituel. (Bon, voilà quelques projets qui viennent de s’envoler.)

* De comprendre que je suis une figure dans un rêve (Comment, je n’ai pas plus d’importance ?) et que c’est ça qui va inverser la stratégie de l’ego.

* Qu’il suffit de ne pas juger pour me retrouver dans mon Esprit Juste, dans la position du spectateur, avec Jésus et le Saint-Esprit, parce que l’ego ne sait pas ne pas juger. (Tu dis ça comme si c’était facile d’arrêter de juger!)

* Que ce monde n’a pas de sens et que la seule chose qui lui donne un sens c’est de l’utiliser pour apprendre à choisir de ne pas juger.

* Que je dois d’abord voir le non-sens de cette vie pour pouvoir voir le véritable sens derrière les choses.

* Qu’il n’y a pas d’espoir dans ce monde parce il est fait à partir d’une idée de séparation et que je peux donc arrêter de me stresser pour changer les choses dans ce monde pour être plus heureuseQue je peux continuer à faire des choses dans ce monde mais que maintenant, je vais les faire pour une toute autre raison.

* Et que la seule chose vraiment bien que je puisse faire dans ce monde, celle qui me fera vraiment du bien et qui profitera aux autres, c’est de me changer de l’intérieur. C’est cela qui donnera un véritable espoir de bonheur à nous tous.

Mais c’est énorme! Comment veux-tu qu’on arrive à faire tout ça?

Très cordialement et avec une petite note de désespoir,
Jenifer

*  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  * 

Très chère Jenifer, Eh oui! 

Tout cela et plus, Kenneth l’attend de nous. Il n’est pas là (du moins, pas physiquement) pour te répondre. Donc nous essayons de te donner quelques idées à sa place.

Si on écoute attentivement, Ken est bien en train de nous demander de « mettre la barre plus haute ». Et il a confiance en nous. Nous y arriverons.

Il suffit de commencer, en faisant de tout petits pas, et le reste suivra.
Nous commençons par nous regarder faire dans une situation banale, comme naviguer entre les voitures sur la route ou entre les caddies au supermarché. Puis nous devenons attentifs à notre ressenti… Sommes-nous en paix?

Si nous ressentons une profonde expérience de tranquillité, de sécurité et d’union avec chaque personne, alors tout va bien. Vous avez de la chance!

Très souvent, par contre, nous constatons sur un arrière plan de notre esprit un certain manque de paix, une pointe d’impatience, de frustration, même d’agression envers les autres sur la route, au travail ou dans le magasin. Ou dans notre propre famille!

Nous allons juger… et nous allons juger encore. Et encore.

Et tout ce temps, on nous demande simplement de nous observer faire. « Je suis en train de juger… » 

Puis, nous pouvons appliquer la leçon 5… »Je ne suis pas impatient pour la raison à laquelle je pense. Je ne suis pas dérangé à cause de cette personne qui vient de se faufiler devant moi dans la queue. Je ne ressens pas cet énervement à cause de ma mère qui insiste qu’elle doit absolument me voir ce weekend. »

« Je pourrais ressentir la paix au lieu de ceci. » (Leçon 34)
La paix n’est jamais loin. Cet espace intérieur, paisible et non impliqué dans l’activité extérieure, est tout proche. Et nous y retrouverons la tranquillité que nous pensons avoir perdue.

Il suffit d’essayer avec les petits instants d’énervements, et cette dynamique positive de se voir spectateur dans le public, en dehors du feu de l’action, se mettra en marche. A condition de ne pas se prendre trop au sérieux, bien sûr!

Selon ce que nous avons compris de ce chemin, nous allons faire erreur après erreur et notre objectif n’est pas de chercher la perfection dans la forme.

Notre but est d’inviter l’Amour parfait à partager notre journée d’imperfection.

La paix intérieure que nous cherchons est avec nous à chaque instant car elle est innée dans notre esprit. Il suffit peut-être d’arrêter de nous juger pour notre manque de paix, d’accueillir notre imperfection avec légèreté et tendresse… pour ressentir un grand soulagement.

Nous n’avons pas besoin de nous mettre sous pression pour faire ce chemin. Nous mettons la barre plus haute, certes, parce que nous voulons cette sérénité extraordinaire dont parle Un cours en miracles. Mais nous ne nous jugerons à aucun  moment pour nos imperfections qui, elles, vont continuer à nous accompagner un certain temps encore.

Tes amis sur le chemin,
Bernard et Patricia

Comment parler à quelqu’un qui souffre?

Article:
Une sérénité au-delà de toutes les épreuves:
comment parler à quelqu’un qui souffre?

Bernard Groom

Cette lettre est adressée à une étudiante du Cours qui a perdu son frère et ressent malgré tout un certain apaisement, alors que son père est totalement accablé par la douleur. Elle demande de l’aide pour trouver l’attitude juste face au chagrin de son père.

Bonjour Carine,
Je vois mieux ton questionnement. Avec cette situation, tu abordes l’un des aspects les plus difficiles du Cours, qui nous demande de comprendre le rôle de la souffrance dans notre esprit. C’est un sujet délicat, pas simplement à cause de notre difficulté à comprendre le besoin de chacun de souffrir pour exister, mais aussi parce que l’étudiant du Cours doit se méfier de ne pas utiliser ces informations pour devenir insensible et hautain face à la douleur des autres. C’est un vrai défi. POUR LIRE CET ARTICLE

Ecouter Kenneth Wapnick en français – nouvelle page sur le site

La majeure partie de l’enseignement de Kenneth Wapnick* a été donnée lors de ses stages et conférences. La Foundation for A Course In Miracles, l’organisation d’enseignement de Kenneth Wapnick, nous a gracieusement accordé le droit de traduire des extraits de ces stages pour permettre au monde francophone d’entendre cet enseignement de qualité. Vous trouverez donc sur cette page quelques extraits audio de ces stages avec une traduction en français.

ALLER A LA PAGE

*Kenneth Wapnick fut l’un des proches associés et amis d’Helen Schucman et William Thetford, les deux personnes qui sont à l’origine d’Un cours en miracles. Ses livres et ses conférences sur le Cours font autorité. Pour plus d’informations, visiter sa page sur ce site ou le site de sa fondation aux USA (en anglais).

 

 

Nos relations : reflet de notre relation avec Dieu (l’Unité)

« L’autre ne nous blesse pas : il nous révèle simplement que nos plaies n’étaient pas guéries. Nous avons cru que la rencontre avec un autre nous avait guéri. C’était une illusion, car la guérison ne vient jamais de l’extérieur, toujours de l’intérieur.
La relation avec l’autre est donc pour nous un révélateur de nos manques et de nos souffrances cachées. Croire qu’une relation, quelle qu’en soit la nature, peut nous faire oublier nos manques et nos souffrances est un leurre. Cela conduit inévitablement à la déception. En revanche, si nous envisageons nos relations avec les autres comme une opportunité de nous connaître, nous pourrons commencer à combler nos besoins et guérir nos blessures.
Tant que nous nous berçons de l’illusion que l’autre possède la clé de notre bonheur, nous restons dans un état de dépendance. L’autre représente une drogue dont le sevrage nous est intolérable. Le manque réveille notre souffrance, notre crainte et donc notre colère. »

Thierry Janssen, « Vivre en paix »

* * * * * * * * * * * * * * * * * *

Cet extrait d’un livre de Thierry Janssen, médecin et thérapeute, reflète parfaitement l’enseignement d’Un cours en miracles sur les « relations particulières ». Le Cours nous apprend que ces relations de dépendance sont un substitut à notre véritable Relation avec la Source (Dieu, l’Unité parfaite). Nous pouvons regarder ces relations particulières pour trouver la nature de notre relation non-guérie avec la Source.

« J’ai mal dans ma relation avec une autre personne parce que j’ai mal dans ma relation avec ma Source. » Je peux apprendre que ma réalité au sein de cette Unité parfaite est toujours intacte, que je suis entier et aimé dans son Étreinte. Plus j’arrive à accepter la réalité de mon union avec l’Amour parfait, moins je ressens le besoin douloureux d’une autre personne.

Mais ce processus simple n’est pas pour autant facile, à cause de ma peur de cette union avec l’Amour impersonnel, et mon envie de garder ma particularité (le sens de ma propre personne). C’est cette peur de l’Amour et ce manque d’envie de relâcher mon individualité qui me font replonger dans les histoires de mes relations douloureuses. Je veux un problème avec une autre personne pour me protéger du vrai problème en moi, le manque d’union avec ma Source (l’Unité).

Petit à petit, je travaille sur ma peur de l’Amour et je relâche mon besoin de séparation, et mon esprit s’ouvre délicatement à la présence de cette Unité sublime au-delà de toute relation terrestre. Ça peut prendre du temps, mais un résultat positif est garanti. Je pardonne mes tentatives de séparation d’avec la Source, et j’accueille la Présence qui me rappelle ma Réalité. J’apprends que je n’ai rien à craindre à revenir vers l’Origine, vers Dieu, et que rien ne fera jamais chanter mon cœur avec autant de joie. Alors mes relations avec les autres m’apporteront beaucoup de bonheur et de paix. Je guéris mon problème avec Dieu (l’Unité parfaite), problème que je projetais sur eux, je libère les autres du rôle du bourreau que je leur avais attribué pour ne pas faire face à ma profonde blessure originelle. Et une paix durable et joyeuse revient dans mon esprit guéri de ses illusions.

Bernard

Vidéos « Les trois besoins », la suite…

Bonjour,
Nous continuons à mettre les différentes séquences-vidéos de notre atelier « Les trois besoins » sur Youtube et Facebook. Vous trouverez les liens sur cette page et également sur notre page « Vidéos« . 
Nous espérons que vous trouverez ces vidéos utiles pour éclairer différents aspects du Cours.
Dans la joie du partage,
Bernard et Patricia

Descriptif: Cet atelier utilise un schéma pour présenter la nature de notre travail avec « Un cours en miracles », et sa méthode de guérison. L’atelier parle de trois besoins inhérents en chacun, des besoins de reconnaissance, d’innocence et de plénitude. C’est parce que nous avons oublié notre condition véritable de perfection dans l’Unité que nous cherchons maintenant à satisfaire ces trois besoins, 1) en renforçant notre différence d’avec les autres (pour trouver de la reconnaissance), 2) en jugeant les autres (pour accentuer notre innocence personnelle), et 3) en nous affairant à chercher le maximum de biens et d’expériences stimulantes (pour pallier notre manque de plénitude).
Il suffit de bien connaître cette dynamique de l’esprit, puis de choisir la vraie solution dans le souvenir de Ce qui nous a déjà été donné, pour satisfaire enfin ces trois besoins, et connaître à nouveau la paix intérieure. Cet atelier décrit le processus proposé par Un cours en miracles pour retrouver cette Vérité, au-delà des erreurs que nous avons acceptées dans notre esprit.

******************************
‘Un cours en miracles’ est un livre de philosophie spirituelle. Il nous présente une vision unique du monde et de l’esprit, retranscrite dans un langage poétique et hautement symbolique. Il utilise des symboles chrétiens mais son but est de communiquer un enseignement universel appartenant à la non-dualité.* La pratique utilise une forme particulière d’observation de l’esprit pour retrouver la connaissance et l’expérience, toujours présentes en nous, de l’Amour parfait, abstrait et intemporel. Pour plus d’informations, visiter le site uncoursenmiraclesenfrance.com.
* Les symboles chrétiens du Cours n’ont pas la même signification que dans la Bible et il ne faut pas leur donner l’interprétation qui leur est traditionnellement attribuée. Ils sont à replacer dans le contexte d’une démarche spirituelle qui utilise ces symboles dualistes pour guider vers une connaissance non-dualiste pure de la réalité.

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Vidéo 5: L’individualité et la reconnaissance

Vidéo 6: La culpabilité et l’innocence

Vidéo 7: La plénitude et le manque

Vidéo 8: La dynamique des trois besoins

Atelier « Les trois besoins » en vidéo

Bonjour,
Nous sommes en train de mettre les différentes séquences-vidéos de notre atelier « Les trois besoins » sur Youtube et Facebook. Vous trouverez les liens sur cette page et également sur notre page « Vidéos« . 
Nous espérons que vous trouverez ces vidéos utiles pour éclairer différents aspects du Cours.
Dans la joie du partage,
Bernard et Patricia

Descriptif: Cet atelier utilise un schéma pour présenter la nature de notre travail avec Un cours en miracles, et sa méthode de guérison. L’atelier parle de trois besoins inhérents en chacun, des besoins de reconnaissance, d’innocence et de plénitude. C’est parce que nous avons oublié notre condition véritable de perfection dans l’Unité que nous cherchons maintenant à satisfaire ces trois besoins, 1) en renforçant notre différence d’avec les autres (pour trouver de la reconnaissance), 2) en jugeant les autres (pour accentuer notre innocence personnelle), et 3) en nous affairant à chercher le maximum de biens et d’expériences stimulantes (pour pallier notre manque de plénitude).
Il suffit de bien connaître cette dynamique de l’esprit, puis de choisir la vraie solution dans le souvenir de Ce qui nous a déjà été donné, pour satisfaire enfin ces trois besoins, et connaître à nouveau la paix intérieure. Cet atelier décrit le processus proposé par Un cours en miracles pour retrouver cette Vérité, au-delà des erreurs que nous avons acceptées dans notre esprit.

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‘Un cours en miracles’ est un livre de philosophie spirituelle. Il nous présente une vision unique du monde et de l’esprit, retranscrite dans un langage poétique et hautement symbolique. Il utilise des symboles chrétiens mais son but est de communiquer un enseignement universel appartenant à la non-dualité.* La pratique utilise une forme particulière d’observation de l’esprit pour retrouver la connaissance et l’expérience, toujours présentes en nous, de l’Amour parfait, abstrait et intemporel. Pour plus d’informations, visiter le site uncoursenmiraclesenfrance.com.
* Les symboles chrétiens du Cours n’ont pas la même signification que dans la Bible et il ne faut pas leur donner l’interprétation qui leur est traditionnellement attribuée. Ils sont à replacer dans le contexte d’une démarche spirituelle qui utilise ces symboles dualistes pour guider vers une connaissance non-dualiste pure de la réalité.

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Vidéo 1: Introduction à Un cours en miracles

Vidéo 2: La problématique de l’esprit séparé

Vidéo 3: Le grand tableau

Vidéo 4: Les trois qualités du Ciel

QU’EST-CE QUE CELA VEUT DIRE, SE JOINDRE A « JÉSUS »?

Bonjour Bernard,
Je me permets de te poser une question à propos du pardon. Tu dis:

« Toutefois, si nous pouvons nous joindre à un reflet de cet Amour tel que Jésus ou le Saint-Esprit, et regarder comme nous nous accusons nous-mêmes avec leur présence aimante à nos côtés… »

Comment nous joindre? Exemple: je me surprends en train d’avoir une réaction par rapport à une situation pour laquelle je me serais énervé si je n’en avais pas été conscient. Comment me joindre à Jésus avec ce que je viens de découvrir? Lui en parler? Lui dire voilà ce que j’ai remarqué?
Peux-tu m’éclairer sur cette notion de se joindre à Jésus ou au Saint-Esprit en donnant un exemple concret? (cafetière, Dupont, etc.)

Merci

Bonjour,
Alors, qu’est-ce que cela veut dire « Se joindre avec Jésus ou le Saint-Esprit? » c’est un peu ça, ta question, je crois.

La réponse courte:
Cela veut dire imaginer une présence qui ne pense pas comme vous, qui ne réagit pas comme vous, qui reste en quelque sorte en dehors de votre situation, qui peut vous aider à trouver une autre explication pour votre réaction négative, une explication qui n’est pas la même que la vôtre. Avec cette sagesse à côté de vous, vous changez votre perception de l’autre personne, vous laissez tomber votre énervement, votre jugement, et votre sentiment d’avoir été contrarié.

En bref, cela veut dire arrêter d’insister sur votre jugement.  Et si vous n’y arrivez pas, alors vouloir arrêter de juger. » La condition nécessaire de l’instant saint ne requiert pas que tu n’aies pas de pensées qui ne soient pures. Mais cela requiert que tu n’en aies aucune que tu veuilles garder. »  (T-15.IV.9:1-2)

Quand j’entends Mr Dupont, le serveur au café, faire une réflexion sur moi à un collègue, d’une façon à peine voilée pour que je l’entende, j’essaie immédiatement de vouloir trouver une autre façon de réagir, au lieu de me sentir attaqué et humilié dans ce lieu public. J’essaie de trouver une autre Sagesse qui n’est pas la mienne, parce que mon propre esprit va mal me guider dans cette situation. Une autre présence est là pour nous, assise juste à côté de nous au café, dans la voiture, à table à la maison, au bureau. Je veux me joindre avec la perception de cette présence aimante.  Quelle est cette perception ? Voilà la question que je dois me poser. Comment cette présence regardera cette personne ?

Cela veut dire aussi prendre du recul par rapport au problème, faire basculer mon attention vers un autre endroit dans mon esprit où je cherche une autre expérience plus calme, plus mature et sage, plus en retrait. Un endroit où je peux me poser cette question: est-ce que ma souffrance et ma réaction sont vraiment, vraiment justifiées par cette situation, ou bien est-ce que je ne pourrais pas être un peu plus heureux ici, malgré ce qui se passe?

Je fais cette démarche et je me pose ces questions en imaginant qu’il y a une véritable présence de sagesse, mature, intelligente et détachée, qui peut m’aider.

La réponse longue:
L’idée de se joindre avec Jésus est justement ça, d’abord une « idée ». C’estàdire que sur notre chemin vers la Vérité ultime, nous cherchons toujours l’expérience derrière les idées et les concepts. Nous ne cherchons pas littéralement à nous joindre avec quelque chose ou avec quelqu’un – tout cela, c’est des symboles, un langage, que nous utilisons pour accéder à un certain état d’esprit que nous avons écarté de notre conscience. Donc, ce sont des mots, des concepts, des idées. Et nous pouvons trouver plusieurs façons de dire exactement la même chose, en utilisant chaque fois un langage différent ou des symboles légèrement différents, mais le fond sera toujours pareil. Si tu arrives à trouver ce fond, cet état d’esprit, cet « esprit juste » dans le langage du Cours, alors tu t’es joint avec Jésus, même si tu n’as pas cette impression spécifique.

Qu’est-ce que cet état d’esprit si spécial que nous cherchons?

Kenneth Wapnick nous disait toujours que s’il y a une absence de jugement ou de différence dans notre perception, nous pouvons être sûrs que nous avons fait le travail.

Il n’existe en réalité que Jésus (le symbole du Cours de notre esprit juste où demeure le souvenir de la réalité) et l’égo (le symbole de notre esprit faux où réside le mensonge de la séparation). Il n’y a que ces deux présences entre lesquelles nous pouvons choisir, et nous sommes toujours dans l’un de ces esprits.

Puisque l’ego est la voix du jugement, il ne peut pas ne pas juger. Et donc, s’il y a une absence de jugement, nous avons forcément choisi de nous joindre à notre esprit juste, à Jésus. Ça c’est le résultat de ce processus que nous essayons de mettre en place dans notre esprit, le fait de chercher un endroit où il y a cette absence de désir de juger.

Maintenant, comment faire?
Des suggestions pour procéder par « étapes »:

1) Être conscient et attentif à son état d’esprit.

Être vigilant de notre état d’esprit pour savoir quand nous commençons à ne plus être en paix. Être attentif à nos réactions de colère, d’irritation, de tristesse, de peur, d’anxiété etc.

«Ce que Dupont a dit à mon sujet n’est vraiment pas gentil. Je suis triste, contrarié, en colère et un peu humilié.»

Nous ne devons pas prétendre à être parfait, et devons être suffisamment conscients pour savoir que nous sommes en train d’avoir une expérience négative.

2) « J’ai tort, car la paix est toujours présente. »

Dès qu’on remarque une perte de paix intérieure, on considère qu’on a forcément mal choisi et qu’on a tort. Pour référence: T-30.I «Les règles pour la décision» ; T-5.VII.6.7-11 «La décision de choisir Dieu» ; «Est-ce que tu veux avoir raison ou être heureux?» T-29.VII.1:9 ; «Je ne suis jamais contrarié pour la raison à laquelle je pense.» Leçon 5.

Donc, je me suggère, «Dupont a dit ce qu’il a dit et il pense ce qu’il pense, mais ça n’a rien à voir avec moi. Je n’ai pas raison de ressentir cet agacement, cette colère et cette honte. J’ai forcément mal choisi. J’ai tort, je dois forcément avoir tort parce que la Paix doit toujours être présente ici.»

3) « Je n’arrive pas relâcher le problème. J’ai peur de le relâcher, et j’ai peur de l’Amour. »

On remarque sa difficulté à trouver cette paix d’esprit. Ce n’est pas parce qu’on est bête ou méchant, c’est un signe de notre résistance ou de notre peur de relâcher notre façon de voir le problème. Cette difficulté est un reflet de notre peur de relâcher notre attachement à notre particularité et reflète aussi notre peur de l’Amour. Voir «La peur de la rédemption», une section très importante.

Donc, on se dit: «D’accord, je dois avoir un peu peur de relâcher ma réaction négative, de trouver la paix et de voir cette personne différemment, c’est pour ça que je n’arrive pas bien à ressentir la Paix qui doit être là, ici et maintenant.»

4) On crie «Au secours – je ne peux pas faire ça tout seul! Est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut m’aider?»

Et en criant son besoin d’aide, on cherche à se souvenir qu’il y a Un autre qui ne pense pas comme nous, qui ne réagit pas comme nous face à cette situation, qui pourrait nous aider à voir comment il est possible de ne pas réagir avec agacement, colère, tristesse et peur. On peut essayer d’imaginer comment Jésus ou un grand Sage réagirait dans cette situation, s’il était à côté de nous. Comment serait-il, face à Mr Dupont? Agacé, comme nous? Ou serein et heureux?

5) Plus de légèreté
Pour terminer , nous devrions avoir  une toute petite pensée de légèreté, pour dédramatiser un peu la situation, pour enlever le trop plein de sérieux. Notre première défense est de faire une grande histoire de cette situation. Mais notre deuxième défense sera de faire une grande histoire de notre incapacité à enlever nos réactions d’ego, et de retrouver la paix. Dans les deux cas, nous devons apprendre à transformer notre sérieux avec une petite pensée de légèreté.

D’abord, ce qui se passe dans notre vie n’est pas aussi sérieux que nous pensons. Deuxièmement, ce qui se passe dans mon esprit n’est pas vraiment aussi sérieux que ce que je crois. Il ne faut pas enlever un problème juste pour en créer un autre!

L’idée est de transformer le problème extérieur (ce que cette personne nous a dit) en un problème intérieur (mon refus de l’Amour présent), puis de voir que le problème intérieur est un faux problème (l’Amour est néanmoins toujours présent, malgré tous nos efforts de Le détruire) – donc, plus de problème du tout!

Dans la pratique
Dans la pratique, «se joindre à Jésus» peut vouloir dire l’imaginer devant soi ou assis à côté de soi, ou lui parler de notre contrariété. Peu importe la façon dont nous imaginons que Jésus vient nous aider, l’essentiel est de se voir aidé par une présence d’un Amour infaillible, qui nous aime malgré nos réactions égotiques, qui ne juge personne, ni nous, ni notre bourreau, et qui n’accepte pas l’idée que nous nous faisons de notre souffrance.

Choisir le bon «Jésus» !
Mais attention : il faut être absolument sûr de l’image que nous avons de Jésus, car il sera très facile de visualiser le « Jésus de l’ego » en train de nous aider ! Le Jésus de l’ego nous dirait, par exemple, que l’autre est vraiment méchant, mais que nous devons lui pardonner puisque nous sommes « très spirituels » et liés avec Jésus. Le Jésus de l’ego nous dirait que nous sommes vraiment des victimes, que notre souffrance est réelle et importante, et que notre situation est vraiment difficile, mais que nous pourrions nous en sortir avec son aide parce qu’il a des pouvoirs spéciaux.

Cela n’est pas le Jésus du Cours qui nous regarde tous avec la plus grande douceur, complètement en retrait de la situation, en train de nous rappeler qu’il n’y a pas de vrai problème devant nous, qu’il n’y a pas eu de vraie contrariété ni d’attaque. Que notre souffrance n’est pas ce que nous pensons. Qu’il n’y a pas de véritable cause à notre souffrance parce que seul son Amour est réel. Et par conséquence nous ne sommes pas véritablement des victimes.

Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas souffrir – souffrir est inévitable dans le monde de la séparation. Mais que quand nous souffrons, nous devons tourner aussi vite que nous pouvons vers un autre Esprit, celui de Jésus ou de n’importe quel autre symbole de Sagesse intemporelle, pour lui demander de l’aide afin de transformer notre perception de notre situation.

J’espère que cela te donne quelques idées pour mettre en pratique cette idée de chercher de l’aide en faisant appel à Jésus, le symbole du Cours de la vérité, de la sagesse et de l’Amour intemporel.

Bien à toi,
Bernard

L’INDIVIDU ET LE CIEL

Bonjour Bernard,
Je vous sollicite, bien qu’ayant poursuivi les leçons, à propos de la leçon 134 qui se termine sur la phrase suivante:
« Nul n’est crucifié seul, et pourtant nul ne peut entrer au Ciel tout seul ».
Malgré mes efforts et avoir pris du recul, je n’arrive pas à en trouver le sens. Je crois pouvoir comprendre « Nul n’est crucifié seul » mais je ne comprends pas la relation avec la 2ème partie et ce lien « et pourtant ».
Pourriez-vous m’éclairer sur le sens de cette phrase?
Je vous remercie,
Cordialement,
Jacques

Extrait complet de la leçon 134 :
« Tu devrais t’exercer au pardon tout le long de la journée, car il y aura encore de nombreuses fois où tu oublieras sa signification et t’attaqueras toi-même. Quand cela se produit, permets à ton esprit de voir au travers de cette illusion en te disant : Que je perçoive le pardon tel qu’il est. Est-ce que je m’accuserais d’avoir fait cela ? Je ne poserais pas cette chaîne sur moi-même. Dans tout ce que tu fais, souviens-toi de ceci :
Nul n’est crucifié seul, et pourtant nul ne peut entrer au Ciel tout seul. »
(W-pI.134.17:1-7)

Bonjour Jacques,
Je vais tenter de vous donner une petite explication.

« Nul n’est crucifié seul » – Puisque nous sommes tous unis et joints, et puisque toute pensée que j’ai envers une autre personne est, inévitablement et évidemment, aussi bien une pensée envers moi-même, une pensée qui m’inclut, alors quand je « crucifie » une autre personne avec mes jugements ou avec une simple pensée d’irritation ou d’impatience, je subis immédiatement l’impact de cette attaque, même si l’effet se fait ressentir uniquement sur le plan inconscient (càd je ne suis pas conscient de ma véritable souffrance). Quelque part, je sais que je « nous » ai trahis, attaqués et blessés. Cette expression: « Nul n’est crucifié seul », a pour but de me mettre en garde contre l’idée que je peux attaquer une autre personne impunément, sans conséquence pour moi-même, et donc j’ai intérêt à faire doublement attention à ne pas laisser passer ce genre de pensée. Sinon, je suis vraiment masochiste (ce que nous démontrons tous les jours! 🙂 ).

« et pourtant nul ne peut entrer au Ciel tout seul » – est le complément logique de la première partie. Cela veut dire que non seulement je me fais mal quand je crucifie une autre personne – ce qui est une façon de vouloir l’exclure d’entrer au Ciel, de dire que cette personne n’a pas sa place au Ciel – mais aussi que je ne pourrai pas retourner à mon état d’origine (dans l’unité parfaite du Ciel) avec de telles pensées parce que dans mon état d’origine, je ne suis pas seul, mais joint et uni. Tant qu’il y a la moindre pensée de jugement, de séparation ou d’exclusion, je m’exclus du Ciel. Je dois m’unir (dans l’esprit) avec tous, sans exception, pour pouvoir me souvenir de mon état d’origine. (A savoir que « m’unir » n’est pas quelque chose que je « fais », cela veut dire uniquement que j’accepte que je suis déjà uni et n’ai jamais été séparé.) Cela est vrai parce que je ne suis pas un individu, mais une Unité. Tant que je veux garder la moindre pensée d’individualité (dont ces pensées de jugement, de séparation et d’exclusion sont les témoins) alors forcément je ne pourrais pas comprendre, ni accepter, ma Réalité parfaitement unie.

COMMENT FAIRE QUAND ON N’ARRIVE PAS A ACCEPTER L’AMOUR?

Bonsoir Bernard,
Je te remercie d’avoir pris le temps de me répondre. Les choses sont un peu plus claires, surtout que je viens d’écouter l’audio « sortir de la prison en 3 étapes  » [conférence enregistrée].
Mais je me demande comment accéder à la 3ème étape. Comment reconnaître l’Amour en soi, cette « zone » où le mal-être est dilué. Je me sens souvent coincé dans la 2ème étape, je comprends que ça vient de moi mais je ne sais pas quoi en faire. Et c’est un mal-être toujours présent, en apparence indépendant de l’extérieur et qui s’accentue depuis que je m’intéresse à UCEM.
Merci

Bonjour,
Ta question est très pertinente. Il faut une bonne dose d’observation de soi pour pouvoir cerner cette difficulté d’accepter la douceur et la tendresse qui nous sont offertes.

Tout l’art du Cours est justement dans cette étape. Le « miracle » n’est pas le fait de constater l’erreur dans notre pensée – c’est certes une première étape indispensable – mais d’accepter l’amour à la place. « L’endroit le plus saint sur terre est là où une haine ancienne a été remplacée par un amour présent », est un extrait que j’aime citer.

Cette étape est probablement la plus difficile. Pour savoir pourquoi, tu peux lire la section «La peur de la rédemption» (Chapitre 13, section 3). Ça fait un peu froid dans le dos, mais c’est essentiel de comprendre les idées de cette section. Elles nous apprennent que nous n’allons pas accepter l’Amour aussi facilement que nous le voudrions, à cause de notre peur de Lui. Notre peur qu’Il nous écrase et nous anéantisse:

  • L’image que tu as de toi-même ne peut résister à la Volonté de Dieu. Tu penses que c’est la mort, mais c’est la vie. Tu penses que tu es détruit, mais tu es sauvé. (W-pI.93.4:1-4)
  • Tu as bâti tout ton système de croyance insane parce que tu penses que tu serais impuissant en la Présence de Dieu, et tu voudrais te sauver de Son Amour parce que tu penses qu’il t’écraserait jusqu’à néant. Tu as peur qu’il t’emporte loin de toi-même et te fasse tout petit, parce que tu crois que l’immensité réside dans le défi et que l’attaque est grandeur. Tu penses avoir fait un monde que Dieu voudrait détruire; et qu’en L’aimant, ce que tu fais, tu jetterais ce monde, ce que tu ferais. Par conséquent, tu as utilisé le monde pour couvrir ton amour, et plus tu t’enfonces dans la noirceur des fondements de l’ego, plus tu t’approches de l’Amour qui est caché là. Et c’est cela qui t’effraie. (T-13.III.4:1-5)
  • Car tu vois l’amour comme destructeur, et ta seule question est de savoir qui est à détruire: toi ou un autre? (T-15.X.7:4)

Tant que nous sommes toujours fortement identifiés avec notre petite identité particulière, nous allons avoir peur de l’Amour, pensant qu’Il est tellement grand qu’Il va enlever tout ce à quoi nous tenons, tout ce qui nous est le plus cher au monde, notamment, notre image du «moi». C’est faux, bien sûr. L’Amour va juste nous aimer, et nous inclure dans son étreinte chaleureuse et bienveillante, et c’est tout.

Donc nous marchons lentement sur ce chemin pour commencer ce processus de nous dés-identifier de notre petite identité, un petit pas après l’autre. C’est ça le processus, et le but, du pardon. Tous les jours, j’essaie de trouver une autre petite erreur dans ma pensée, une erreur de jugement, de blâme et de souffrance qui voulait renforcer ma petite particularité individuelle à la place du souvenir de ma majestueuse réalité unie. Je laisse tomber cette bêtise qui est dans ma pensée, et je m’approche juste de deux centimètres de l’Amour et du souvenir de ma vraie identité.

Quand je trébuche sur cette marche et que je tombe, que je n’arrive pas à accepter la tendresse infinie qui m’est offerte, quand je continue avec le jugement (d’une autre personne ou de moi-même), alors au lieu de renforcer mon jugement sur moi-même et de me critiquer pour mon incapacité, j’essaie de revenir vers la tendresse. Je me suggère que j’ai juste du mal à accepter l’Amour pour l’instant, et c’est tout. Je me permets d’être dans l’erreur, mais cette erreur n’est pas un crime. J’enlève le jugement, j’accueille et j’accepte. C’est une simple bêtise, pas un péché à condamner.

Quand j’échoue, je me permets d’avoir tort, tort sur mon premier jugement sur l’autre, puis tort sur ma peur de l’Amour. Je veux « enlever le problème de mon problème ». Ce n’est pas un problème d’avoir du mal à accéder à cette troisième étape d’accepter l’Amour. C’est juste un signe qu’il reste un peu de peur. C’est juste une autre bêtise dans une très longue série. C’est juste la continuité dans l’émission « Le bêtisier de ma vie » 🙂 Plus nous arrivons à rester légers avec tout ce processus, plus nous arriverons à ressentir le frémissement de l’Amour en nous. Plus nous arrivons à rester patients, plus nous nous envoyons un signal que l’Amour nous accepte tels que nous sommes, ici et maintenant, sans jugement, sans besoin et sans exigence.

LE PARDON ET LA SOUFFRANCE

Bonjour Bernard,
J’ai une question à propos des projections. Tu dis que le miracle c’est quand on arrive à trouver que ce qui nous dérange chez les autres est aussi en nous. Mais il y a des situations où vraiment je ne trouve pas. Je n’ai pas trop de peine à pardonner, parce que j’arrive à comprendre que s’il y a quelque chose qui me dérange dans un comportement, c’est 1. que je suis pas bien 2. que l’autre n’est pas bien non plus. A ce niveau là on peut tout pardonner. Mais est-ce suffisant ? Et que faire avec ? Que demander à Jésus ?

Merci de m’éclairer sur ce point, si tu trouves le temps bien sûr.

Meilleures salutations

*****************************************

Bonjour,
Enchanté de faire ta connaissance!

Tes perceptions 1) et 2) sont justes et déjà très bien. Pour pardonner, tu n’as pas forcément besoin de faire toutes les autres étapes. Si tu constates un vrai relâchement de l’envie de juger l’autre, dans un sentiment d’égalité avec lui/elle, et un vrai soulagement de ta peine, alors tu as déjà très bien fait le travail.

Cet exercice de trouver la même qualité en nous que chez l’autre est un exercice « d’égalisation », si tu veux. Nous jugeons et condamnons pour prouver qu’il existe une différence importante entre l’autre personne et nous: nous sommes les pauvres victimes et eux sont les bourreaux qui doivent subir une punition. Le fait d’analyser notre propre comportement et le fonctionnement de notre esprit pour trouver comment, en fait, nous faisons exactement comme l’autre est la clé pour défaire cet argument de différence. Je ne peux pas continuer à insister sur cette différence si je vois que je fais comme lui.

Mais si, en faisant comme tu fais, tu arrives déjà à voir que tu es comme l’autre dans votre confusion et votre douleur, alors c’est fait, tout est bon.

Mais si tu veux, je peux t’aider à voir comment cela fonctionne, parce que parfois ce n’est vraiment pas évident. C’est vrai que nous sommes exactement comme les pires criminels (pas dans la forme bien sûr, mais dans l’intention, dans le fond), mais il faut parfois chercher pour le comprendre, et identifier en quoi notre attitude est identique.

L’essentiel dans ce processus de pardon est de laisser tomber non seulement l’envie et le besoin de condamner l’autre, mais aussi l’envie et le besoin de souffrir. C’est cette deuxième partie qui est souvent plus compliquée, mais tellement essentielle. Nous ne pouvons pas pardonner avec le pardon authentique tant qu’il y a toujours de la souffrance, parce que notre souffrance est une façon de déclarer que l’Amour et la Réconfort ne sont pas présents – et automatiquement, comme une action réflexe, il va avoir une projection, une condamnation. Nous allons chercher la personne ou la chose que nous considérons responsable de notre douleur. La souffrance est toujours une accusation, une façon déguisée de culpabiliser une autre personne.
Donc pour pardonner, nous devons trouver cet endroit au-dessus de notre jugement, de notre envie de juger, mais aussi au-dessus de notre souffrance et notre envie (inconsciente) de juger.

Demander à Jésus est demander à une présence d’amour au-dessus de notre souffrance pour nous aider à nous rappeler et éprouver la réalité de cette vérité: il existe un endroit où nous ne sommes pas obligés de souffrir ni d’attaquer, où nous pouvons enfin nous reposer dans le calme et où rien de cette souffrance n’existe. S’il y a un souvenir ou une présence de cet Amour dans tes pensées et dans ton expérience, alors tu peux dire qu’il y a la présence de Jésus, et aussi du Saint-Esprit.

Bien à toi!
Bernard

LES ÉLECTIONS: SOIS CALME UN INSTANT…

Un message de Bernard autour des élections

Extrait d’Un cours en miracles:
« Quels que soient les mensonges auxquels tu peux croire, le miracle ne s’en soucie pas, qui peut tous les guérir avec la même facilité. Il ne fait pas de distinction entre les malperceptions. Son seul souci est de distinguer entre la vérité d’une part et l’erreur d’autre part. Certains miracles peuvent sembler être plus immenses que d’autres. Mais souviens-toi du premier principe de ce cours : il n’y a pas d’ordre de difficulté dans les miracles. En réalité tu es parfaitement inaffecté par toutes les expressions du manque d’amour. Celles-ci peuvent être de toi comme d’autrui, de toi envers autrui ou d’autrui envers toi. La paix est un attribut en toi. Tu ne peux pas la trouver au-dehors. La maladie est une forme de quête extérieure. La santé est la paix intérieure. Elle te permet de rester inébranlé face au manque d’amour venant du dehors et capable, par ton acceptation des miracles, de corriger les conditions qui procèdent du manque d’amour en autrui. »

(T-2.I.5:1-12)

Bonjour à tous,

La préoccupation principale du Cours concerne notre paix intérieure.

En cette période électorale, nous avons l’impression que cette paix peut être bafouée par le monde extérieur, par ces personnages publics qui se présentent sur la scène de la vie, par leurs paroles et leurs intentions pour ce pays. La magnifique promesse exprimée dans cet extrait du Cours est que, peu importe ce qui se passe pendant ces élections et après, notre tranquillité d’esprit peut rester parfaitement intacte. Dans cette lettre, je propose que nous regardions ensemble cet extrait ligne par ligne pour aller aussi profondément que possible vers cette prise de conscience.

« Quels que soient les mensonges auxquels tu peux croire, le miracle ne s’en soucie pas, qui peut tous les guérir avec la même facilité. »
Quelle belle idée! Mais tout de suite nous voyons un énorme défi. « Quels que soient les mensonges… » De nos jours, il est très difficile de trier le vrai du faux dans les médias et dans les paroles des candidats – mais peu importe! Cela n’a pas d’importance pour le « miracle ». Mais au fait, qu’est-ce que ce miracle si miraculeux qu’il peut défaire ces mensonges comme avec une baguette magique? C’est simplement « là où une haine ancienne est devenue un amour présent. » (T-26.IX.6:1) Puisque l’amour en nous est immuable et inchangeable, nous pouvons y accéder quand nous voulons, et il remplacera aussitôt nos perceptions incorrectes et douloureuses.

« [Le miracle] ne fait pas de distinction entre les malperceptions. »
Nous n’avons plus besoin de distinguer maintenant entre les mensonges et les demi-vérités, les manipulations évidentes et les arguments subtils. Quel soulagement! Nous avons simplement à les remplacer tous par une seule vérité, celle d’un « amour présent ».

« Son seul souci est de distinguer entre la vérité d’une part et l’erreur d’autre part. »
L’état d’esprit du miracle ou de l’amour n’a qu’un seul et unique objectif: retrouver les traces de la vérité. Mais attention, nous ne parlons pas ici de la « vérité politique » ni de la « vérité économique », mais de la Vérité tout court. Celle de la réalité de chacun et chacune, au-dessus de son apparence dans ce monde. Ce serait une erreur de penser qu’un candidat ou tout autre personnage public ne fait pas partie de cette magnifique Famille que nous sommes en réalité, celle que le Cours appelle la Filialité. Chacun de nous, sans exception, appartient à la même Source. Nous sommes comme les doigts d’une seule Main cosmique – chaque doigt paraît séparé et indépendant des autres, mais nous sommes des extensions de la même Paume parfaite et à la racine nous sommes tous joints et unis.

« Certains miracles peuvent sembler être plus immenses que d’autres. Mais souviens-toi du premier principe de ce cours : il n’y a pas d’ordre de difficulté dans les miracles. »
Il peut sembler que cela nous demandera un effort immense pour voir au-delà des erreurs des personnes que nous voyons à la télévision. Mais une seule pensée de compassion et de tendresse envers ces gens, en pensant à leur confusion et leur désarroi d’esprit, suffit pour défaire toute notre tristesse, notre colère et notre peur. Il faut simplement le vouloir. Voulons-nous regarder au-dessus de ce « champ de bataille » pour nous élever dans les champs paisibles de la paix? « Ainsi le souvenir de Dieu est-il obscurci dans les esprits qui sont devenus le champ de bataille des illusions. Or bien au-delà de cette guerre insensée, il brille, prêt à revenir en ta mémoire quand tu te ranges avec la paix. » (T-23.I.12)

« En réalité tu es parfaitement inaffecté par toutes les expressions du manque d’amour. Celles-ci peuvent être de toi comme d’autrui, de toi envers autrui ou d’autrui envers toi. »
Ah, voilà un défi de taille! On pourrait s’exclamer avec force: « Mais comment est-ce possible de ne pas en être affecté »? Pour vivre la réponse, nous allons devoir ouvrir une porte intérieure vers un autre endroit dans notre esprit. « Être délivré du conflit signifie qu’il est terminé. La porte est ouverte ; tu as quitté le champ de bataille. … Il n’y a pas de sécurité sur un champ de bataille. Tu peux le regarder d’en haut en sécurité et ne pas être touché. » (T-23.III.6) Il y a une porte dans notre esprit menant à un lieu où nous ne sommes pas touchés par les événements ici. Pour cela nous devons accepter que le conflit soit terminé. Quel conflit? Certainement pas le conflit extérieur – espérer que ce dernier cesse n’est qu’un rêve vain. Ces mots parlent de notre conflit intérieur, bien sûr. Le conflit entre aimer et séparer, entre inclure dans notre amour et exclure de notre plus profonde considération. Puissions nous mettre fin à ce conflit intérieur et choisir une fois pour toute d’aimer et d’inclure au lieu de séparer et d’exclure.

« La paix est un attribut en toi. Tu ne peux pas la trouver au-dehors. »
Par ces quelques mots, le Cours nous rappelle le secret tout entier de la guérison: la paix n’est pas quelque chose d’extérieur. Elle est en nous, une condition inchangeable à jamais. « La paix d’esprit est nettement une affaire interne. Elle doit partir de tes propres pensées, puis s’étendre vers l’extérieur. C’est de ta paix d’esprit que découle une perception paisible du monde. » (W-pI.34.1:1-4)

« La maladie est une forme de quête extérieure. La santé est la paix intérieure. »
Le Cours nous enseigne que tous ceux qui sont perdus dans un rêve où ils se croient séparés d’avec la Source, où ils croient qu’ils ne sont plus dans l’Amour, dans l’Unité absolue, en Dieu, sont malades. Dès l’instant que nous pensons être séparés de cette Unité parfaite, nous cherchons une solution à notre manque à l’extérieur de notre esprit. Nous pouvons être tentés de croire que nous trouverons une solution dans ce monde extérieur, mais c’est faux. Notre expérience personnelle doit nous avertir qu’une telle pensée n’est pas juste: nous avons été déçus suffisamment de fois maintenant pour ne plus croire à ce mensonge.

Nous chercherons le meilleur candidat, nous espérerons que, enfin, un leader national pourra résoudre les problèmes de notre société et de notre économie. Et nous nous tromperons encore. Avec un peu de chance, nous connaîtrons un peu plus de bonheur et de stabilité après les élections, cela ne contredit en rien les principes d’Un cours en miracles. Mais cela n’est pas le but du Cours, qui nous enseigne l’origine et la source de la paix et de la joie. Cette source est entièrement intérieure, elle est dans notre esprit. Peu importe les événements qui suivent l’élection, seul notre choix pour le bonheur intérieur, immuable et inébranlable, compte vraiment.

« Elle [la paix intérieure] te permet de rester inébranlé face au manque d’amour venant du dehors et capable, par ton acceptation des miracles, de corriger les conditions qui procèdent du manque d’amour en autrui. »
Nous sommes tendus et anxieux pour ces élections parce que nous croyons que le résultat aura une importance particulière pour la paix et le bonheur de chacun dans ce pays par la suite. Mais nous pouvons entrer dans un endroit de clarté intérieure d’où nous comprenons que la véritable expérience de paix de chacun restera toujours accessible, dans son cœur et son esprit, quel que soit le résultat des élections. Pour voir comment cela peut être possible, nous devons d’abord, vous et moi, passer du temps à chercher, puis à trouver, cet endroit reculé, au-dessus de ce monde. Il est là.

Cela dit…
Cela dit, nous devons toujours faire un choix dimanche, et dans l’illusion de ce monde, notre choix fera une différence. Surtout pour ceux qui ne peuvent pas encore accéder à cette paix d’esprit et attendent encore beaucoup de notre monde.

Et si j’ignorais l’élection?
Notre choix compte dans l’illusion, même si, dans l’éternité, tout est pour toujours dans un état de perfection inchangeable. Savoir que seule l’Unité parfaite intemporelle est réelle ne veut pas dire que nous pouvons ignorer les conséquences de nos choix ici. C’est pourquoi nous prenons au sérieux notre responsabilité de créer ce qui semble favoriser les meilleures conditions extérieures de stabilité et d’harmonie, afin que nous puissions tous continuer notre chemin dans l’illusion dans les meilleures conditions possibles, tout en cherchant toujours à progresser vers la connaissance au-delà de nos circonstances temporelles.

Comment choisir?
Nos choix ici sont le fruit d’un partenariat entre notre compréhension de l’extérieur et notre ressenti intérieur. « Quel est mon but? » Nous déterminons d’abord le but de nos choix, et ainsi retrouvons la sagesse de notre Guide intérieur. Après seulement, nous regardons le monde et faisons nos choix en fonction de nos convictions et de notre compréhension de l’ordre politique et économique de notre pays.

Nous avons deux vies.
Notre vie terrestre nous demande de faire des choix importants ici, des choix qui ont une conséquence significative dans ce monde. Mais nous avons aussi notre vie réelle et éternelle, dont le souvenir nous permettrait de rester en paix parfaite et en sécurité face aux événements et aux changements qui se produiront dans ce monde.

Je vous invite à lire la belle méditation du Cours en-dessous qui parle de cet endroit parfaitement silencieux en nous, et nous invite à nous y recueillir.

Je vous souhaite un joyeux weekend des élections, dans la confiance que, peu importe le choix que nous faisons dans la collectivité de notre pays, la paix immuable reste intacte en nous à jamais.

Bernard

Méditation

Sois très calme un instant.
Viens sans aucune pensée de ce que tu as jamais appris, et mets de côté toutes les images que tu as faites. Le vieux s’écroulera devant le nouveau, sans opposition ni intention de ta part. Il n’y aura pas d’attaque contre les choses que tu pensais précieuses et ayant besoin de soin. Il n’y aura pas d’assaut contre ton souhait d’entendre un appel qui n’a jamais été fait. Rien ne te blessera en ce saint lieu où tu viens pour écouter en silence et apprendre la vérité de ce que tu veux réellement. Il ne te sera pas demandé d’apprendre plus que cela. Mais en l’entendant tu comprendras que tu as seulement besoin d’en repartir sans les pensées que tu ne voulais pas, et qui n’ont jamais été vraies.

(T-31.II.8:1-8)

Le miracle ne fait rien. Tout ce qu’il fait, c’est défaire.

Bonjour Bernard,
Comment expliquer le plus simplement possible ce texte :

« Le miracle ne fait rien. Tout ce qu’il fait, c’est défaire. Ainsi il annule ce qui interfère avec ce qui a été fait. Il n’ajoute pas, mais simplement enlève. Et ce qu’il enlève a disparu depuis longtemps, mais est gardé en mémoire et paraît avoir des effets immédiats. Ce monde est terminé depuis longtemps. Les pensées qui l’ont fait ne sont plus dans l’esprit qui les a pensées et les a aimées un court moment. Le miracle ne fait que montrer que le passé a disparu, et ce qui a véritablement disparu n’a pas d’effets. Le souvenir d’une cause ne peut produire que des illusions de sa présence, et non des effets.» (T-28.I.1:1-9)

Merci.

Bonjour Céline,

Cet extrait était souvent cité par Kenneth pour sa richesse. Je vais essayer de expliquer pourquoi.

« Le miracle ne fait rien. Tout ce qu’il fait, c’est défaire. Ainsi il annule ce qui interfère avec ce qui a été fait. Il n’ajoute pas, mais simplement enlève. »

Toute la philosophie de guérison du Cours est basée sur l’idée que notre maladie est un faux problème, un problème que nous avons auto-crée en imaginant une séparation d’avec notre Réalité. Ainsi, la Réalité est toujours parfaite et intacte, notre seul et unique problème est que nous ne La reconnaissons plus. Donc, la méthode de guérison du Cours est d’enlever ce qui nous empêche de voir ce qui est déjà là, présent devant nous. Donc le miracle n’a pas besoin de faire quelque chose dans le sens classique de « faire » ou de provoquer un changement. Nous pensons avoir changé quelque chose, et maintenant le miracle est là pour nous aider à prendre conscience que nous n’avons rien changé, et donc aucun changement supplémentaire n’est nécessaire, juste une reconnaissance. Il enlève le faux, pour laisser apparaître le vrai.

« Il [le miracle] n’ajoute pas, mais simplement enlève. Et ce qu’il enlève a disparu depuis longtemps, mais est gardé en mémoire et paraît avoir des effets immédiats. Ce monde est terminé depuis longtemps. Les pensées qui l’ont fait ne sont plus dans l’esprit qui les a pensées et les a aimées un court moment. »

Ce passage, qui peut sembler très étrange, reflète un autre aspect de cette même problématique. Puisque rien n’est arrivé à la Réalité, ce monde n’est pas réel, et ne l’a jamais été. Il a semblé exister, un court instant, puis est disparu aussitôt. C’est tout à fait comme un rêve nocturne, fugitif, qui dure une demi-seconde, puis est parti, mais dont nous nous souvenons très longtemps après, ne pensant qu’à ça d’une façon obsessive. Kenneth parlait des anciens téléviseurs noir et blanc qui, à l’instant de les éteindre, garder à l’écran l’image pendant deux secondes avant de disparaître. Il disait que ce monde est comme cette image qui semble être toujours là, même si la télé est éteinte. Il parlait aussi de ce monde comme un DVD. Les acteurs et producteurs qui ont filmé le film ne sont plus ici, ils sont partis ailleurs, sont peut-être même morts aujourd’hui. Mais à l’instant de regarder le film, nous le regardons comme si tout était d’actualité. Rien n’est là, mais nous pouvons avons une expérience comme si c’était toujours d’actualité.

Ce monde est une série d’images dont la source n’existe plus. Cette idée peut sembler inaccessible, mais ce n’est pas difficile de l’expliquer à travers de notre expérience de la vie ordinaire. Nous avons tous des événements du passé qui nous hantent, qui resurgissent de temps à autre, en nous provoquons parfois des émotions très fortes même, comme la colère ou la tristesse. Ces scènes n’existent plus, les personnes qui étaient avec nous sont parfois mortes, mais nous vivons ces expériences avec nos émotions comme si elles étaient présentes maintenant.

« Le miracle ne fait que montrer que le passé a disparu, et ce qui a véritablement disparu n’a pas d’effets. Le souvenir d’une cause ne peut produire que des illusions de sa présence, et non des effets. »

Si, en se souvenant d’un événement passé, nous avons une expérience de tristesse, et soudain nous nous rendons compte à quel point l’Amour est toujours parfaitement présent avec nous à cet instant, alors c’est comme si cet événement du passé est effacé. C’est ça, le miracle, un instant de se souvenir que le passé n’a plus aucune importance parce que le présent contient absolument tout ce qu’il nous faut (« Le plus saint de tous les points de la terre est là où une haine ancienne est devenue un amour présent. » T-26.IX.6:1). Il n’y a donc plus d’effets du passé, plus de tristesse ni de colère. Si mon père est parti de la maison quand j’étais petit, et j’ai pensé très fort à ce moment là que l’amour m’avait quitté et j’ai été abandonné (le « souvenir d’une cause »), je peux prétendre aujourd’hui que l’amour est absent à cause de ce qui s’est passé quand j’étais petit, mais seulement dans une illusion. En réalité, l’Amour est toujours parfaitement présent. Donc, l’effet de ce souvenir n’est pas réel, mais une construction que je maintiens par une acte de volonté, parce que je veux maintenir que l’Amour n’est pas présent, et que c’est la faute à mon père. Mais c’est une illusion, et non pas un effet réel.

La douceur de la création est tout ce que je vois (Leçon 265) avec commentaire

La douceur de la création est tout ce que je vois.
(Leçon 265)
« J’ai certes mal compris le monde, parce que j’ai posé sur lui mes péchés et les ai vus là qui me regardaient. Comme ils semblaient féroces! Et comme je me trompais en pensant que ce que je craignais était dans le monde plutôt que seulement dans mon esprit. Aujourd’hui je vois le monde dans la douceur céleste dont resplendit la création. Il n’y a pas de peur en lui. Qu’aucune apparence de mes péchés n’obscurcisse la lumière du Ciel qui luit sur le monde. Ce qui est reflété là est dans l’Esprit de Dieu. Les images que je vois reflètent mes pensées. Or mon esprit ne fait qu’un avec Celui de Dieu. Ainsi je peux percevoir la douceur de la création. »

« Dans la quiétude je voudrais regarder le monde, qui ne fait que refléter Tes Pensées et les miennes aussi. Que je me souvienne qu’elles sont les mêmes, et je verrai la douceur de la création. »

Commentaire:
Cette belle leçon, comme tant d’autres, cherche à nous emmener vers les plus hauts sommets de l’esprit en nous montrant ce que nous faisons pour rester en bas, dans les abîmes de ce monde. Il nous suffit de voir nos pensées d’auto-condamnation et de jugement (nos ‘péchés’), puis de comprendre leur insignifiance, comprendre qu’elles ne sont pas du tout ‘féroces’. Nous ne voyions pas la douceur de la création parce que notre esprit se focalisait sur l’idée du péché, sur notre péché, que nous voyions en suite à l’extérieur sur les épaules des autres, par l’effet de la projection.

Mais notre perception est fausse. Les idées de mal et de péché provenaient simplement de la croyance en notre séparation d’avec l’Amour. C’est en dissipant cette croyance que nous faisons disparaître notre sentiment de péché et d’exil. Alors nous voyons notre parfaite innocence, un état de perfection et d’impeccabilité partagé par tous et par tout. Une fois dissipée l’ombre de notre culpabilité, le monde apparaît maintenant baignant dans une lumière éclatante, et nous respirons enfin la douceur de la création.

La mise en pratique:
Concrètement, cela veut dire que quand nous entendons une information dérangeante au journal télévisé le soir, et que nous ressentons de la tristesse, du dégoût, de la peur ou de l’horreur, nous devons d’abord nous rappeler que, d’une façon ou d’une autre, nous devons avoir tort (« Préfères-tu avoir raison ou être heureux ? »  T-29.VII.1:9).

Car la douceur de la création est là, quelque part, malgré les tragédies de ce monde et malgré les puissantes émotions qu’elles suscitent en nous. Cette étape est essentielle. Nous ne pourrons pas accéder à une autre perception et à une autre expérience du monde si nous continuons à renforcer et à justifier notre perception actuelle, qui est désastreuse. Il va falloir que nous arrêtions de nous faire mal!

Puis nous nous suggérons que le mal que nous ressentons n’est pas le mal « là-bas » mais le mal ici, en nous. En moi. Chacun doit apprendre à se dire:
« C’est mon mal. La douleur que je ressens vient d’un puissant sentiment de péché et de culpabilité que j’ai entretenu et que je renforce au moyen de ces images à la télé. Mais ce n’est pas grave. Voilà ce que je dois finalement comprendre: ce sentiment de mal-être n’est fondé sur rien, absolument rien. (Ceci est le principe de l’Expiation du Cours.) L’Amour m’entoure et m’accepte pleinement à chaque instant. Ce même Amour entoure et accepte totalement chaque personne dans ces scènes tragiques à la télé. »
Voilà le miracle. Le mal n’est pas le mal une fois qu’il est vu correctement; la tragédie n’est plus une tragédie une fois que nous retournons vers l’Amour.

Le monde n’a pas réellement changé, mais notre expérience du monde, elle, a complètement changé. La Douceur sous-jacente est apparue, révélant la dimension céleste que nos pensées de séparation avaient si longtemps dissimulée.

NB: Souvenez-vous que le Dieu du Cours n’est pas le Dieu de la Bible, mais une présence d’amour parfait et intemporel, incapable de juger, condamner ou de faire une différence entre un être et un autre.

Comment pardonner à un chauffard ?

Voici un échange avec quelqu’un sur le pardon qui reprend cette question éternelle : « Comment pardonner à un chauffard ? » Son email avec mes commentaires.

Interlocuteur : Par ailleurs je continue ma réflexion sur les émotions parfois violentes qui nous étreignent le long de notre chemin avec le cours. En relisant pour mon travail un texte de Luc Boltanski  intitulé : l’amour et la justice comme compétences, je tombe sur cet énoncé « l’émotion surgit lors du basculement d’un régime à l’autre, celui de l’amour (agapé) à celui de la violence ou de la justice. » Je trouve que ça éclaire ce dont tu parles souvent dans tes interventions, comment le chauffard qui nous coupe la route nous expulse du domaine de l’amour…

Commentaire : (J’interromps le cours de ta pensée) En fait, ce n’est pas vraiment le chauffard qui nous expulse de l’Amour – il n’a pas ce pouvoir. C’est très important de garder ça en tête, sinon le processus de guérison du Cours ne fonctionnera pas. Ces passages du Cours nous aident à comprendre ce point sur la perception:

« La projection fait la perception. Le monde que tu vois, c’est ce que tu lui as donné et rien de plus. … C’est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure. … La perception est un résultat et non une cause. (T-21.in.1:1-12)

« La projection fait la perception… Tu as attaqué ton frère maintes et maintes fois, parce que tu voyais en lui une figure d’ombre dans ton monde privé. » (T-13.V.3)

« Pardonner, c’est simplement te rappeler les pensées aimantes que tu as données dans le passé et celles qui t’ont été données. Tout le reste doit être oublié. … Les figures d’ombre sont les témoins que tu amènes avec toi pour démontrer qu’il a fait ce qu’il n’a pas fait. « (T-17.III.1)

Cela veut dire qu’une partie de nous se sert du chauffard pour s’auto-expulser de l’Amour. C’est pour ça que nos attaques sur le chauffard sont injustifiées. Inconsciemment, nous avions décidé, ce jour-là, de rester en-dehors de l’étreinte de l’Amour. Nous avions besoin de trouver une justification pour l’inconfort intérieur provoqué par ce refus de l’Amour, et le chauffard nous a fourni un prétexte pour exprimer cet inconfort et le justifier. Du coup nous nous disons que c’est à cause de lui que l’Amour n’est pas présent.

Interlocuteur: …vers celui de la justice et que ce basculement s’accompagne d’une vive émotion de laquelle…

Commentaire : (Désolé, je t’interromps encore…) Une vive émotion qui était déjà présente en nous avant le passage du chauffard. Le basculement dont tu parles est juste la prise de conscience soudaine de ce qui était déjà dans notre esprit. Seulement, avant l’incident, nous arrivions à le dissimuler. Le fait de frôler un accident grave nous rappelle un autre fait grave dans l’esprit – le refus de l’Amour. L’accident potentiel est donc un symbole qui nous ramène à la conscience de la catastrophe présente dans notre esprit, c’est un symbole de ce qui semble s’être produit là en nous, l’exil de notre Foyer céleste.

Interlocuteur: …il n’est pas toujours facile de rebasculer vers le pardon et l’amour.

Commentaire: Ce n’est pas facile, non, mais pas à cause du chauffard (très important) mais parce qu’une partie de nous n’a pas encore déterminé qu’elle veut regagner la présence de l’Amour. « Nous ne sommes jamais contrariés pour la raison à laquelle nous pensons. » (leçon N° 5) Nous sommes toujours contrariés parce que nous avons repoussé la présence de l’Amour, puis nous cherchons à trouver une justification extérieure pour notre mal-être, pour éviter de faire face à notre choix intérieur. « La projection fait la perception. Le monde que tu vois … est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure. » (T-21.in.1)

Interlocuteur: C’est un peu comme si on se disait : certes il n’y a pas beaucoup d’amour mais on veut au moins un peu de justice bordel!!!!

Commentaire: La justice est là pour nous à chaque instant – la justice de l’Amour qui dit: « Je ne te quitterai jamais. » En fait, ce n’est pas la punition de cette personne que nous recherchons vraiment, car cela ne changerait pas grande chose pour nous. Mais retrouver le souvenir de l’Amour pour nous, et pour les autres, voilà ce qui fera une grande différence.

Interlocuteur: Je sais Bernard, je t’entends dire, la solution c’est le pardon, toujours, mais que d’émotions!!

Commentaire: Il faut que j’explique mieux ce qu’est le pardon car il y a toujours un peu de confusion à ce sujet. Ce n’est jamais à quelqu’un d’autre que nous pardonnons, mais à nous-même. Nous constatons d’abord notre jugement et notre envie d’attaquer une autre personne, oui. Mais ensuite, nous devons arrêter de vouloir justifier notre attaque, et nous devons chercher la véritable cause de notre réaction: pourquoi sommes-nous blessés par l’attitude du chauffard, et agressifs envers lui?

Nous trouvons la réponse quand nous constatons le manque d’amour en nous, et que nous comprenons que ce n’est pas l’autre qui nous a expulsés de la présence de l’Amour. C’est un choix que nous avons fait, puis dissimulé derrière les actes des autres, en projetant sur eux les sentiments négatifs qui résultent de ce choix.

Le pardon s’effectue à l’instant où nous acceptons de venir à nouveau tout près de l’Amour et de nous réfugier dans Son étreinte qui nous embrasse tous, nous et les autres. L’Amour ne juge jamais car Il sait que chacun est innocent du « crime » de la Séparation ; le reste n’est pas important.

Le pardon du Cours n’est donc pas quelque chose que nous faisons par rapport aux actes d’une autre personne. Leur acte nous ramène à une conscience de ce que nous avons fait pour écarter la présence d’amour. Le pardon consiste à lâcher prise de notre projection sur les autres et à changer de décision en choisissant l’Amour, pour nous et pour les autres.

Même si ça semble simple, c’est évident qu’il faudra du temps pour s’entraîner à cette nouvelle perception. « Voilà la vérité, d’abord seulement à dire puis à répéter maintes fois ; ensuite à accepter comme partiellement vraie, avec de grandes réserves. Puis à considérer de plus en plus sérieusement pour enfin l’accepter comme la vérité. »  (W-pII.284.1) Et : « C’est leur utilisation [des idées et des leçons] qui leur donnera une signification pour toi et te montrera qu’elles sont vraies. » (Introduction du Livre d’exercices)

Comment parler du Cours à quelqu’un qui ne veut pas entendre parler de spiritualité?

Nous serons tous, à un moment ou un autre, face à une personne proche en difficulté qu’on ne peut pas aider en parlant directement de la spiritualité. Il est néanmoins possible d’encourager un processus d’introspection et de prise de conscience d’une façon très douce et simple, selon les principes du Cours, en évitant toute idée ou terme qui pourrait mettre mal à l’aise la personne. Voici quelques idées:

Une réserve de bien-être intérieure
On commence avec l’idée que nous possédons tous des réserves de bien-être intérieur, une capacité à être heureux et en paix. Il est arrivé à chacun d’entre nous de se sentir bien, ou même très heureux, alors que les circonstances extérieures n’étaient pas spécialement bonnes. Ce qui signifie que tout le monde a connu des moments de bien-être sans pouvoir dire que c’était à cause de quelque chose de particulier à l’extérieur.

Puis on aide la personne à comprendre que ces réserves sont bien plus grandes que nous ne le pensons. En fait, elles sont tellement grandes que nous pouvons nous y ressourcer même quand les choses tournent au vinaigre dans nos vies. Ces réserves de paix et de bonheur seront toujours là, même si les circonstances de notre vie nous trahissent.

Une décision et un décideur
Puis on pose la question: « Qu’est-ce qui, en nous, décide d’aller vers cet endroit de force et de paix intérieure? » Il y a une partie de nous qui décide d’y aller, ou non. Une partie de nous qui parfois décide d’y aller et à d’autres moments choisit de rester fixée, focalisée et quasiment obsédée par ce qui se passe dans nos vies, au lieu de retourner à l’intérieur pour retrouver ces réserves de bonheur et de tranquillité. Cette partie de nous décide selon ce qu’elle veut éprouver de la vie: la dépression ou le bonheur, le conflit ou la tranquillité.

On se met toujours sur un pied d’égalité avec l’autre : en soulignant que nous éprouvons tous cette difficulté à toujours choisir le bonheur plutôt que la colère ou le chagrin. Et c’est tout. Si on arrive à parler de ça, c’est déjà beaucoup. On aura renforcé le bon en la personne, sa capacité à être heureux quoi qu’il se passe dans sa vie. Et on aura parlé de notre Décideur intérieur, la partie de nous qui doit choisir ce qu’il veut éprouver dans la vie.

La résistance et notre attachement à notre souffrance
Si on pense qu’on peut aller plus loin, alors: On essaie de trouver la légèreté dans la situation, en riant de voir comment nous pouvons tous vouloir continuer à être malheureux alors que nous pourrions relâcher un peu notre insistance sur notre malheur. Et en cela nous sommes tous pareils (c’est très important). Ce qui introduit l’idée de la résistance, et de la peur de l’Amour, sans en parler directement.

Si on pense qu’on peut en parler, on peut dire que cette difficulté vient du fait que nous sommes très attachés à notre souffrance, bien plus que nous le croyons. Dire ‘non’ à notre souffrance semble presque une sorte de trahison d’une partie de nous, comme si nous devions abandonner quelque chose d’important ou de précieux. Une partie de nous ne veut pas aller vers la douceur et relâcher nos jugements, les jugements par rapport à d’autres personnes ou nous-mêmes, qui sont en fait la même chose. Oui, nous sommes confus (et non pas ‘idiots’) et nous pouvons préférer garder notre attention fixée sur le malheur de notre situation au lieu de penser à la paix que nous avons toujours à l’intérieur de nous.

Une présence intérieure de patience et de douceur
Pour terminer, on renforce l’idée que, bien au-delà de notre confusion à vouloir rester avec notre souffrance, notre tristesse ou notre colère, il y a cette réserve de bien-être, comme une sorte de Présence à l’intérieur de nous, qui nous invite à retourner vers le calme et le bonheur.

C’est déjà une très grande partie du processus de relâchement que le Cours appelle le pardon authentique, ce qui est la pratique du « miracle »: une autre façon de voir sa situation où on relâche son insistance sur la dévastation dans sa vie (« Un miracle est une correction … Il regarde simplement la dévastation et rappelle à l’esprit que ce qu’il voit est faux. » W-pII.13.1).

Nous pouvons appeler ceci un « miracle de la perception », et tout le monde peut le pratiquer, qu’il soit familier avec le langage de l’esprit ou non. C’est juste un changement d’orientation à l’intérieur, et rien de plus.

Cette entrée a été publiée le septembre 24, 2016. 6 Commentaires

Comment pardonner ? (1)

J’ai reçu une demande d’aide par rapport au processus du pardon et je trouvais que la réponse que j’ai offerte valait la peine que je la partage avec vous. Je vous demande de me pardonner mes erreurs de français, comme d’habitude. 🙂

Question: Comment suis-je censé pardonner quand je vois une telle quantité de personnes et de choses dans ce monde qui m’agressent et qui me font mal? Je suis très sensible énergétiquement et je trouve le monde rude, dur, agressif, de par ces bruits, de par tout ce qui se passe ici… je ne pourrais pas pardonner tout ceci un par un et donc j’ai plutôt tendance à renoncer avant même d’essayer.

Réponse: Le Cours nous apprend qu’il n’y a qu’une seule et unique chose que nous devons pardonner, et non pas une multitude, et c’est notre choix d’avoir abandonné l’Amour (Dieu) pour avoir adopté un semblant d’individualité (notre identité particulière et séparée) à la place. A la fin, nous devons juste nous pardonner pour notre erreur de pensée et accepter la vérité telle qu’elle est, et c’est tout. Nous devons juste accepter le pardon et l’innocence qui nous sont offerts.

Mais si ça semble simple, en réalité c’est assez compliqué. C’est compliqué parce que notre individualité ne va pas lâcher aussi facilement le morceau!  Nous ne sommes pas prêts et nous en aurons trop peur. Nous n’abordons donc pas le problème directement, mais indirectement. Puisque nous ne pouvons pas accepter le pardon pour notre erreur toute entière, l’erreur d’avoir voulu quitter notre Foyer divin (ce qui ne s’est pas fait en réalité), nous pratiquons le pardon par petit bout – une petite partie de l’erreur à la fois.

Nos esprits sont remplis de cette erreur d’origine mais nous ne la voyons pas (ceci est le déni). Par contre, nous voyons pleines d’autres erreurs dans nos vies tout autour de nous, surtout en d’autres personnes! Cela s’appelle la projection. Quand nous ne supportons pas quelque chose en nous (la culpabilité et le malheur de notre erreur de pensée) nous le refoulons puis nous voyons le problème immédiatement autour de nous.

C’est la dynamique de la projection qui nous donne l’impression que le monde nous agresse et qui produit notre hypersensibilité aux choses extérieures. Notre hypersensibilité n’a pas une cause et une origine extérieure mais intérieure. Ce n’est pas toutes ces personnes imparfaites et tous ces bruits grinçants extérieurs qui nous gênent vraiment ; c’est la pensée imparfaite à l’intérieur et le bruit grinçant en nos esprits qui nous gênent! Ça, oui, ça nous gêne beaucoup.

Nous devons alors commencer par prendre responsabilité pour cette gêne intérieure et d’arrêter de blâmer tous ces facteurs et acteurs extérieurs pour notre dérangement. Ceci est la première démarche dans le processus du pardon. J’accepte que ce soit moi qui suis à l’origine de tous ces instants de manque de paix dans mon existence. Et je fais ceci un petit instant à la fois, et non pas tout d’un bloc.

Alors je commence aujourd’hui par le premier dérangement qui traverse mon esprit, et je me suggère que le vrai problème n’est pas en une autre personne ou dans le monde autour, mais dans mes pensées – « j’ai complètement occulté la présence d’Amour dans mon propre esprit, personne ne m’a enlevé la présence de l’Amour, moi je l’ai fait tout seul. Et moi, je peux le faire revenir dans mon esprit. »

Je fais ceci avec la première chose qui m’arrive, puis avec la deuxième chose dans la journée qui me gêne, et ainsi de suite, toute la journée je bascule mon attention à l’intérieur où je trouve le souvenir de cette magnifique présence qui m’aime, qui me réconforte, qui me rappelle que je suis un enfant parfait de l’Innocence et de la Plénitude, et que j’ai n’ai plus raison d’être malheureux dans ce monde.

Petit à petit, j’arrive à me pardonner pour mon erreur de pensée et à faire lâcher prise sur l’obstacle dans mon esprit. Petit à petit, je ramène mon esprit à la Présence que j’ai repoussée et je me retrouve pleinement dans les bras de sa Paix parfaite.

Voici une petite synthèse de ce travail.

Cette entrée a été publiée le septembre 14, 2016. 4 Commentaires