Ai-je le droit de « secouer le cocotier » de quelqu’un?

(Vous pouvez laisser un commentaire en bas de cet article, si vous le souhaitez)

Secouer son cocotier, oui ou non, that is the question!

Réflexions sur la pratique de la bienveillance dans les relations

Bonjour,

J’ai une toute petite question à te poser. Il m’arrive parfois de penser que j’ai envie de secouer le cocotier (au sens figuré rassure-toi) de certaines personnes proches. Je me dis que tout ça n’est pas très bienveillant….que cela manque de compassion. Puis, je me ravise et me demande : »et si, justement, il serait bienveillant d’agir de la sorte car ceci pourrait être bénéfique pour la personne ? » Que penser de cela ? Merci à toi.

Bonjour Giovanna,

Alors, pour ces personnes-cocotiers! 🙂 Vous vous êtes rencontrés pour une raison! Pour toi, c’est pour apprendre que « la colère/frustration/

contrariété/impatience n’est jamais justifiée » (extrait d’Un cours en miracles). Que chaque fois que quelqu’un m’énerve, il y a toujours, toujours, toujours une pensée de séparation qui rode quelque part dans mon esprit, et c’est alors nettement, nettement plus facile de m’énerver après cette personne que de remettre en question l’ensemble de mon expérience. QUI est énervé? Qui est cette personne? Il n’y a que mon petit soi qui peut s’énerver. Et ce petit soi existe uniquement pour me faire oublier mon grand Soi.

Mon petit soi est TOUJOURS énervé. Parfois il dit que c’est à cause des autres, parfois à cause de moi-même. Mais il est toujours dérangé. Point. Mon grand Soi n’est jamais contrarié. Qui pourrait le déranger? Il comprend la bêtise de tout le monde et ne la juge pas. Il comprend que tout le monde souffre, tout le monde est assassin, tout le monde est égoïste, et il n’attend rien de personne, surtout pas un comportement stable et censé.

Mais si je m’énerve, ceci n’est pas un problème. Ce n’est pas un crime ou un péché. Mais un signe clair que je suis dans l’erreur. C’est une opportunité pour moi de retrouver Ce qui est censé et stable dans la vie, la vraie Vie.

Cela dit, ça ne veut pas dire que m’énerver après une personne ne peut pas être une bonne chose pour l’autre. Tout comme je me sers du comportement égoïste d’une autre personne pour m’approcher de la Vérité, l’autre personne peut faire pareil avec mon énervement. Cela peut lui servir positivement. Il peut voir ça comme une opportunité de se mettre en question. Donc Il y a du juste dans ce que tu as dit. Seulement, il faut s’énerver contre l’autre de la « bonne façon » et pour la « bonne raison ». C’est à dire, en toute connaissance de ce qu’on est en train de faire. Parfois nous sommes obligés de « prétendre » de nous énerver pour percer l’inconscience et l’égoïsme de l’autre, des couches qui sont parfois imperméables à tout argument calme et raisonné.

Kenneth Wapnick notamment était obligé de prétendre d’être énervé après des ouvriers qui glandaient sur le chantier chez lui. « Will you get up and move your asses! » il paraît qu’il leur a dit. « Levez vous et bougez vos culs! » 🙂

Mais au fond de lui il était calme. Il n’était pas contrarié par leur paresse et leur manque de respect envers le client. C’était simplement la façon juste de les empêcher de continuer à rester dans leur esprit faux. Ce n’est pas rendre un service à quelqu’un, Kenneth nous l’a rappelé à plusieurs reprises, de le laisser continuer avec un comportement motivé par son esprit faux. Comme pour un petit enfant qui veut absolument traverser une route tout seul ou jouer avec un couteau, il faut trouver un moyen de l’empêcher de le faire, de percer son caprice, même si le moyen doit être ferme.

Comme avec tout, on essaie de prendre conscience de l’état de notre esprit et de l’origine, la véritable origine de nos sentiments, en gardant le schéma de la séparation en tête. Donc, il y a une réponse OUI à ta question, et une réponse NON, selon l’esprit dans lequel on est quand on secoue son cocotier! Et si jamais on réagit mal, on peut toujours reconnaître son erreur, la regretter, trouver le pardon pour soi, et recommencer.

Autre petite anecdote… parfois on doit laisser quelqu’un dans son « jus » d’esprit faux. Il ne faut pas y toucher. Kenneth avait appris cela – à ses dépens! – avec Helen Schucman. Il a voulu, un jour, l’aider avec un problème qu’elle ressassait, sans fin. Il lui a dit d’essayer de trouver la paix avec cette personne comme elle l’avait fait dans une autre situation, en pratiquant une sorte de visualisation qui avait bien marché avec cette autre personne. Le jour d’après, en arrivant chez Helen, Ken était fusillé par son regard noir. « Ne me fait plus jamais ça! » Il paraît qu’après cette méditation qu’elle avait faite, elle s’était réveillée dans la nuit avec une colère totalement débridée et n’avait pas refermé l’œil de la nuit. Il avait bien appris sa leçon et n’avait plus jamais essayé de l’aider ou de la corriger de cette façon. 🙂

Merci pour ta question !

Bernard

Question reçue sur les réseaux sociaux :

« En quoi cela est-il mauvais de secouer le cocotier ? Cela peut être fait avec douceur et bienveillance ….c’est aussi être thérapeute, non ? »

 Bonjour, 

J’espère ne pas avoir communiqué qu’il est mauvais de « secouer le cocotier », mais que tout dépend de la façon dont nous le faisons. Si nous ressentons de l’irritation qui nous donne envie de le faire, alors nous ferions mieux, en premier lieu, de régler notre erreur de sensibilité. Si nous ressentons une envie ou un besoin de secouer quelqu’un, idem, il vaut mieux que je regarde en moi pour voir pourquoi je pense que je dois être le thérapeute pour quelqu’un.

Si je ressens que secouer quelqu’un doucement et gentiment, pour son bien, vient d’un esprit de bienveillance et même de compassion, alors cela peut être tout à fait juste et bien. Mais je dois d’abord faire le tour de mon esprit pour connaître ma véritable motivation : décharger ma frustration ou être une véritable présence de bienveillance pour quelqu’un.

 

4 réflexions sur “Ai-je le droit de « secouer le cocotier » de quelqu’un?

  1. Très bonne question car on peux tous et toutes s’identifier à ces comportements (à ces envies de secouer le cocotier des autres) à un moment donné dans la vie.
    Continue ton beau travail qui m’aide moi et mon petit groupe à avancer sur le chemin du cours en miracles.
    Merci beaucoup!

    Jacynthe Mallet
    Canada
    Envoyé de mon IPad

  2. En accord avec le principe de base : Quelle est mon intention ? Puis se poser la question est-ce au service de notre relation et de l’autre si j’interviens fermement en une expression authentique ? Et avant toute chose me donner suffisamment d’empathie pour être au clair avec moi même et être ainsi en état de relationner dans la bienveillance.
    En accord aussi avec le fait de ne pas chercher à aider l’autre s’il ne le demande pas. Mais être dans l’amour inconditionnel est la seule aide réelle qui ne cherche pas à aider.

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