L’INDIVIDU ET LE CIEL

Bonjour Bernard,
Je vous sollicite, bien qu’ayant poursuivi les leçons, à propos de la leçon 134 qui se termine sur la phrase suivante:
« Nul n’est crucifié seul, et pourtant nul ne peut entrer au Ciel tout seul ».
Malgré mes efforts et avoir pris du recul, je n’arrive pas à en trouver le sens. Je crois pouvoir comprendre « Nul n’est crucifié seul » mais je ne comprends pas la relation avec la 2ème partie et ce lien « et pourtant ».
Pourriez-vous m’éclairer sur le sens de cette phrase?
Je vous remercie,
Cordialement,
Jacques

Extrait complet de la leçon 134 :
« Tu devrais t’exercer au pardon tout le long de la journée, car il y aura encore de nombreuses fois où tu oublieras sa signification et t’attaqueras toi-même. Quand cela se produit, permets à ton esprit de voir au travers de cette illusion en te disant : Que je perçoive le pardon tel qu’il est. Est-ce que je m’accuserais d’avoir fait cela ? Je ne poserais pas cette chaîne sur moi-même. Dans tout ce que tu fais, souviens-toi de ceci :
Nul n’est crucifié seul, et pourtant nul ne peut entrer au Ciel tout seul. »
(W-pI.134.17:1-7)

Bonjour Jacques,
Je vais tenter de vous donner une petite explication.

« Nul n’est crucifié seul » – Puisque nous sommes tous unis et joints, et puisque toute pensée que j’ai envers une autre personne est, inévitablement et évidemment, aussi bien une pensée envers moi-même, une pensée qui m’inclut, alors quand je « crucifie » une autre personne avec mes jugements ou avec une simple pensée d’irritation ou d’impatience, je subis immédiatement l’impact de cette attaque, même si l’effet se fait ressentir uniquement sur le plan inconscient (càd je ne suis pas conscient de ma véritable souffrance). Quelque part, je sais que je « nous » ai trahis, attaqués et blessés. Cette expression: « Nul n’est crucifié seul », a pour but de me mettre en garde contre l’idée que je peux attaquer une autre personne impunément, sans conséquence pour moi-même, et donc j’ai intérêt à faire doublement attention à ne pas laisser passer ce genre de pensée. Sinon, je suis vraiment masochiste (ce que nous démontrons tous les jours! 🙂 ).

« et pourtant nul ne peut entrer au Ciel tout seul » – est le complément logique de la première partie. Cela veut dire que non seulement je me fais mal quand je crucifie une autre personne – ce qui est une façon de vouloir l’exclure d’entrer au Ciel, de dire que cette personne n’a pas sa place au Ciel – mais aussi que je ne pourrai pas retourner à mon état d’origine (dans l’unité parfaite du Ciel) avec de telles pensées parce que dans mon état d’origine, je ne suis pas seul, mais joint et uni. Tant qu’il y a la moindre pensée de jugement, de séparation ou d’exclusion, je m’exclus du Ciel. Je dois m’unir (dans l’esprit) avec tous, sans exception, pour pouvoir me souvenir de mon état d’origine. (A savoir que « m’unir » n’est pas quelque chose que je « fais », cela veut dire uniquement que j’accepte que je suis déjà uni et n’ai jamais été séparé.) Cela est vrai parce que je ne suis pas un individu, mais une Unité. Tant que je veux garder la moindre pensée d’individualité (dont ces pensées de jugement, de séparation et d’exclusion sont les témoins) alors forcément je ne pourrais pas comprendre, ni accepter, ma Réalité parfaitement unie.

12 réflexions sur “L’INDIVIDU ET LE CIEL

  1. La plupart du temps, on pense, on juge, on projette. Puisqu’on le fait, tel qu’on le fait, on n’en est pas conscient. Ce que l’on fait ainsi et dont on n’est pas sciemment conscient, c’est accuser l’extérieur de ce dont on s’accuse soi-même, à la fois inconsciemment et (éventuellement) indirectement. On s’attaque soi-même, mais comme l’attaque peut être indirecte, il sera d’autant plus difficile de la conscientiser, de la reconnaître.

    La question de l’extrait est évidemment pertinente : « Est-ce que je m’accuserais d’avoir fait cela ? » Or, en cas de besoin, on pourrait se demander encore : « Quand ou comment est-ce que je m’accuse d’avoir fait cela ? Quel effort est-ce que je fais pour ne pas avoir à m’accuser de faire cela ? (c’est la même chose) »

    Quand je juge et condamne (crucifie) l’autre, je fabrique de la séparation, comme l’excluant intérieurement de « mon » monde » ou m’excluant (me retirant) du « sien ». En fait, il s’agit du monde qui n’est ni le mien, ni le sien, mais qui est l’unité, le « lieu » de la séparation impossible. Il n’en demeure pas moins que mon intention pose problème, est souffrance, « double crucifixion.

    Quand je déclare « il est mauvais », je ne fais que tenter de fabriquer un second « mauvais » là où il y en avait déjà un : « moi-même » ! (On peut remplacer « mauvais » par tout autre jugement ou accusation). J’ajoute une illusion à une illusion, crée du conflit. Le conflit peut se cristalliser extérieurement, mais il est avant tout intérieur.

    « Quelque part, je sais que je « nous » ai trahis, attaqués et blessés », dit Bernard. C’est vraiment magnifique et même « généreux ». Je sais si bien que je vous ai accusé à tort que je vais le lâcher « souvent », ne pas le maintenir, ne pas le confirmer mentalement, même si je peux bien y revenir encore et encore (puisque je ne suis toujours pas conscient). Non seulement je sais (quelque part) que je vous accuse à tort, ce qui veut dire « vouloir que vous vous sentiez coupable », en réalité « vouloir vous faire du mal », mais je ne suis finalement pas très fier, pas très à l’aise ; je m’en veux. Et pour ne surtout pas le sentir, il se peut même que j’en rajoute pour pouvoir vous voir effectivement en tant que « mauvais ».

    Ce faisant, je ne vois évidemment pas ce que je me fais. J’ai commencé par me faire du mal en me considérant (à tort) et continuant de me considérer mauvais et voilà, en quelque sorte, que je le deviens en le projetant sur vous. Peu importe que je le sois devenu ou non, je me le reproche. Je vais encore le projeter. Oui, en effet, nous sommes masochistes ! Or, le « sadisme » n’est pas loin. Du fait de notre conditionnement et de nos illusions, de notre aveuglement, nous nous accusons, nous faisons du mal, mais nous cherchons ensuite par projection à entraîner les autres dans notre chute, avec l’idée, illusoire toujours, que cela va nous « remonter », nous sortir d’affaires.

    Or, « sortir d’affaires » véritablement, c’est « entrer au ciel » et l’on comprend bien que c’est l’abandon de la fabrication aussi perverse qu’illusoire de la séparation.

  2. bonjour, je trouve que je suis encore trop nerveux et n’est pas assez patient malgré des journées de paix parfois très profonde parfois moindre comment puis je parvenir à un calme parfait ? S.V.P

    • Bonjour, ça sera difficile de répondre à votre demande ici. En suivant Un cours en miracles, nous devenons d’abord des « témoins » ou observateurs de nos états d’anxiété. Nous nous observons dans notre manque de paix et de patience, et nous nous regardons avec de plus en plus de douceur, de tendresse et de compassion. Au début de cette démarche, nous nous critiquons pour nos états d’âmes, mais avec de l’entrainement et de la pratique, nous arrivons à prendre de la distance avec notre jugement de nous même et des autres. Nous ne pouvons pas arrêter de jour à lendemain à être nerveux et impatient, mais nous pouvons commencer un long processus de sevrage de l’état d’esprit dans lequel ces sentiments surgissent. Cela devient plus facile quand nous nous rendons compte que nous sommes accompagnés par notre Guide intérieur tout au long du chemin. Bien à vous.

  3. bonjour Bernard quelle leçon serait adéquate en ce qui concerne les pensées d’attaque ou ma fille de 4 ans ,par exemple ,peut m’irriter lorsque elle fait une bêtise alors quelle ne l’a pas fait exprès toutes les leçons sont merveilleuses mais il y en a qui peuvent mieux convenir à ce genre de situation pour ne plus se laisser duper par l’ego?

  4. Bonjour, une réponse courte à votre question sera la leçon 34, Je pourrais voir la paix au lieu de cela. C’est la réponse facile, par contre, et la difficulté est qu’en réalité, nous sommes facilement déstabilisé par ce genre de petite contrariété, et pour une raison. Vous avez donné le rôle du « bouc-émissaire » à votre fille. Vous savez bien que votre réaction est exagérée, par rapport à sa bêtise. Kenneth Wapnick nous apprenait à regarder « en amont », avant que la bêtise s’est produit, pour devenir conscient de notre état d’esprit. Est-ce que nous étions dans un calme parfait, dans un sentiment d’unité et d’harmonie avec Dieu/l’Amour parfait? Il est probable qu’avant qu’elle fasse sa bêtise, que vous étiez déjà affaibli par un sentiment de déconnexion, de mal-être et même de culpabilité par rapport à votre relation avec l’Unité parfaite. Inconsciemment, nous cherchons à ce moment là une explication extérieure à notre propre esprit pour justifier notre mal-être, au lieu de confronter le vrai problème, là où il est (dans notre choix de séparation). Vous vous sentez déjà énervé, du fait de cette séparation et le culpabilité qui s’ensuit, puis votre fille fait une bêtise. C’est très facile de porter notre attention sur les bêtises des autres à des moments pareils, pour ne pas voir notre véritable condition intérieure. Et cela semble très évident et même justifiable de dire que c’est l’autre qui vous a dérangé. Il suffit de comprendre puis de voir ce fonctionnement en vous, d’accepter la correction (que l’Amour parfait est toujours tout près de vous) et d’accepter le pardon pour VOTRE bêtise, de penser que vous pouvez être séparé de votre Source. Le Cours nous aide à comprendre que les dérangements extérieurs sont le moyen de voir le dérangement à l’intérieur, en notre propre esprit, de voir la cause de ce dérangement (le choix de voir une séparation inexistante), de relâcher cette fausse perception et d’accepter l’amour et l’innocence qui nous sont offertes à la place. Dans ce sens là, votre fille peut vous aider à retrouver la paix et l’amour qui sont toujours présents, au-delà de ses bêtises.

  5. merci beaucoup Bernard pour ces éclaircissements justement je travail déjà la leçon 34 et ce depuis plusieurs jours je vais m’y attarder dessus car elle me plais beaucoup. A bientôt Philippe

  6. bonjour Bernard avec le cours il y a une connexion qui s’est faite et de longues périodes de paix profonde ont suivi mais voila qu’une déconnexion s’est produite et c’est l’angoisse que puis je faire durant ces moments pour retrouver mon unité .

  7. Bonjour Philippe, ça arrive à nous tous, tous les étudiants du Cours et de toute autre spiritualité. A ces moments là, nous sommes confrontés à notre résistance, au blocage en nous qui ne veut pas aller plus loin pour l’instant dans la reconnaissance de notre véritable Identité. Nous pouvons toujours pratiquer la bienveillance envers nous-mêmes, de ne pas exiger plus de nous que ce que nous pouvons faire. Nous pouvons nous suggérer qu’il n’y a rien à craindre à revenir vers la Paix, l’Amour et la Tendresse. Et nous pouvons nous souvenir que, même dans ces moments douloureux, un endroit de paix et de réconfort nous attend pour l’instant que nous nous sentons prêts d’y retourner. L’angoisse que nous ressentons est, d’un côté, la peur que cette coupure est réelle, et de l’autre, une défense que nous gardons exprès contre la présence de cette Paix infinie. La peur elle-même peut être ainsi une protection contre l’Amour, d’où le besoin de ne pas trop croire en nos peurs ni de leur accorder une importance excessive. Nous les observons et traitons avec la même douceur et bienveillance que tous nos états de résistance. Bien à vous!

  8. bonjour Bernard comme je vous l’ai déjà dit un blocage s’est produit et je suis angoissé depuis plusieurs jours et je n’arrive pas à trouver une leçon qui pourrai remédier à cela je suis comme desséché dans la mort que puis je faire pourriez vous m’aider?

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