LE PARDON ET LA SOUFFRANCE

Bonjour Bernard,
J’ai une question à propos des projections. Tu dis que le miracle c’est quand on arrive à trouver que ce qui nous dérange chez les autres est aussi en nous. Mais il y a des situations où vraiment je ne trouve pas. Je n’ai pas trop de peine à pardonner, parce que j’arrive à comprendre que s’il y a quelque chose qui me dérange dans un comportement, c’est 1. que je suis pas bien 2. que l’autre n’est pas bien non plus. A ce niveau là on peut tout pardonner. Mais est-ce suffisant ? Et que faire avec ? Que demander à Jésus ?

Merci de m’éclairer sur ce point, si tu trouves le temps bien sûr.

Meilleures salutations

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Bonjour,
Enchanté de faire ta connaissance!

Tes perceptions 1) et 2) sont justes et déjà très bien. Pour pardonner, tu n’as pas forcément besoin de faire toutes les autres étapes. Si tu constates un vrai relâchement de l’envie de juger l’autre, dans un sentiment d’égalité avec lui/elle, et un vrai soulagement de ta peine, alors tu as déjà très bien fait le travail.

Cet exercice de trouver la même qualité en nous que chez l’autre est un exercice « d’égalisation », si tu veux. Nous jugeons et condamnons pour prouver qu’il existe une différence importante entre l’autre personne et nous: nous sommes les pauvres victimes et eux sont les bourreaux qui doivent subir une punition. Le fait d’analyser notre propre comportement et le fonctionnement de notre esprit pour trouver comment, en fait, nous faisons exactement comme l’autre est la clé pour défaire cet argument de différence. Je ne peux pas continuer à insister sur cette différence si je vois que je fais comme lui.

Mais si, en faisant comme tu fais, tu arrives déjà à voir que tu es comme l’autre dans votre confusion et votre douleur, alors c’est fait, tout est bon.

Mais si tu veux, je peux t’aider à voir comment cela fonctionne, parce que parfois ce n’est vraiment pas évident. C’est vrai que nous sommes exactement comme les pires criminels (pas dans la forme bien sûr, mais dans l’intention, dans le fond), mais il faut parfois chercher pour le comprendre, et identifier en quoi notre attitude est identique.

L’essentiel dans ce processus de pardon est de laisser tomber non seulement l’envie et le besoin de condamner l’autre, mais aussi l’envie et le besoin de souffrir. C’est cette deuxième partie qui est souvent plus compliquée, mais tellement essentielle. Nous ne pouvons pas pardonner avec le pardon authentique tant qu’il y a toujours de la souffrance, parce que notre souffrance est une façon de déclarer que l’Amour et la Réconfort ne sont pas présents – et automatiquement, comme une action réflexe, il va avoir une projection, une condamnation. Nous allons chercher la personne ou la chose que nous considérons responsable de notre douleur. La souffrance est toujours une accusation, une façon déguisée de culpabiliser une autre personne.
Donc pour pardonner, nous devons trouver cet endroit au-dessus de notre jugement, de notre envie de juger, mais aussi au-dessus de notre souffrance et notre envie (inconsciente) de juger.

Demander à Jésus est demander à une présence d’amour au-dessus de notre souffrance pour nous aider à nous rappeler et éprouver la réalité de cette vérité: il existe un endroit où nous ne sommes pas obligés de souffrir ni d’attaquer, où nous pouvons enfin nous reposer dans le calme et où rien de cette souffrance n’existe. S’il y a un souvenir ou une présence de cet Amour dans tes pensées et dans ton expérience, alors tu peux dire qu’il y a la présence de Jésus, et aussi du Saint-Esprit.

Bien à toi!
Bernard

2 réflexions sur “LE PARDON ET LA SOUFFRANCE

  1. Commentaire de la part de Robert Geoffroy:

    Pour recevoir mieux ce que dit Bernard, j’ai eu envie, principalement, de le reformuler et il me vient aussi de le faire partager.

    Si l’on aspire au « vrai pardon », si l’on veut « se libérer », on doit d’abord reconnaître (sentir) que l’on tient (généralement de façon inconsciente) à culpabiliser l’autre, à le condamner. Comme on le voit ici, il s’agit de l’une de nos contradictions si nombreuses. On dit vouloir une chose et l’on en fait, en maintient une autre.

    Cette contradiction repose, comme le montre Bernard, sur le « besoin » de souffrir, le fait de tenir à souffrir, l’habitude de souffrir, cette souffrance n’étant rien d’autre que la déclaration « Le monde, l’autre est coupable ». C’est notamment une façon de se rappeler, à tort, qu’il n’y a pas d’amour et qu’il y a surtout séparation.

    Ce que l’on peut voir ici, c’est le mental à l’œuvre, le penser. On se dit tant de choses et ces choses sont principalement des jugements. Comme il s’agit de laisser être l’amour, d’autant plus si l’on veut vraiment vivre le pardon, un excellent point de départ (ce qui pourrait même être bien plus qu’un point de départ), c’est reconnaître sa tendance au jugement, la facilité avec laquelle on juge, combien on juge, combien on tient à juger, combien on reste dans le jugement.

    À cette étape, on ne se dit pas qu’il ne faut pas juger (ce qui serait encore un jugement), mais on accueille simplement, si on le voit bien, le simple fait de juger ordinairement, y compris peut-être dans l’instant même de façon plus subtile : « Ah, oui, il y a là du jugement, je le vois bien ! » Et remarquons, dans cette pure observation, qu’il n’y a pas de jugement, qu’il n’y en a plus (au moins momentanément).

    Or, que reste-t-il quand le jugement s’est tu ? Comme l’enseigne Bernard et Un cours en miracles, comme le disait déjà Honoré de Balzac, « Plus on juge, moins on aime ». Moins on juge, plus on aime, manifestement ! Voici l’amour qui ouvre la porte au pardon, parce qu’il l’a ouverte au Divin. Ce qui n’est plus mental, que serait-ce si ce n’était pas divin ?

    Et voici le point clé (pour moi) dans ce message de Bernard : « S’il y a un souvenir ou une présence de cet Amour dans tes pensées et dans ton expérience, alors tu peux dire qu’il y a la présence de Jésus, et aussi du Saint-Esprit ».

  2. Un gros Merci, que de belles et grandes prises de Conscience j,ai réussi à faire en lisant ces textes sur le Pardon.

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